Peter Mutharika revient à la présidence du Malawi avec 56,8 % des voix. Officiellement proclamé vainqueur par la Commission électorale (MEC), il retrouve le pouvoir après l’avoir exercé de 2014 à 2020. Avec plus de 7,2 millions d’inscrits et un taux de participation record de 76,4 %, ce scrutin a mobilisé une nation entière, avide de se faire entendre.
Mais derrière les chiffres triomphants, 3 millions de suffrages pour Mutharika contre 1,7 million pour le sortant Lazarus Chakwera – plane une question centrale : celle de la confiance. Déjà, plusieurs partis, dont le MCP, l’UDF et l’UTM, ont déposé des plaintes, dénonçant des irrégularités. La MEC assure les avoir « examinées et traitées », mais les suspicions restent vives dans un pays marqué par des décennies d’instabilité politique.
Ce retour de Mutharika est-il synonyme de continuité ou de rupture ? Les électeurs, eux, ont fait preuve d’une maturité politique remarquable, bravant files d’attente et contraintes logistiques pour affirmer leur choix. Leur voix doit être respectée, leur espoir, honoré. Car au-delà de la victoire d’un homme, c’est la démocratie malawite qui est à l’épreuve.
Le discours d’Annabel Mtalimanja, présidente de la MEC, résonne comme un appel à la responsabilité collective : « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise. » Un message crucial dans une société où les fractures partisanes risquent de se transformer en divisions profondes.
Aujourd’hui, le Malawi a besoin d’un leadership inclusif, d’un président capable de gouverner non pas pour ses partisans, mais pour une nation entière. Le véritable défi commence maintenant : transformer cette élection disputée en une opportunité pour renforcer l’unité, consolider la confiance citoyenne et offrir aux générations futures un Malawi réellement meilleur.
LFL







