Le gouvernement burkinabè vient de franchir une étape majeure dans la protection des citoyens : en Conseil des ministres, le jeudi 2 octobre, il a prononcé la dissolution de l’Association professionnelle des représentants indépendants Qnet. Une décision qui sonne comme un signal fort contre les réseaux d’escroquerie qui prospèrent sur la misère sociale.
Depuis des années, Qnet avait été pointée du doigt pour ses pratiques douteuses. Derrière les promesses d’opportunités financières et d’ascension sociale, l’organisation a laissé des milliers de victimes sur le carreau. Plus de 2 000 personnes flouées, 1 300 plaintes enregistrées et des pertes dépassant un milliard de francs CFA : ce sont les chiffres effroyables dressés par la justice.
La dissolution de Qnet n’est pas une surprise. Elle est la conséquence logique d’un long processus, marqué par des suspensions, des enquêtes et des révélations accablantes. Escroquerie, arnaque, trafic de personnes : autant d’accusations qui montrent à quel point ce réseau avait érigé l’exploitation des plus vulnérables en modèle économique.
Ce décret de dissolution, pris sur la base de l’article 80 de la loi relative à la liberté d’association, rappelle une vérité essentielle : la liberté ne peut être le paravent des prédateurs. La liberté d’association s’arrête là où commence la manipulation et la fraude organisée.
Mais au-delà du symbole, il reste une exigence : la vigilance collective. Car Qnet n’est pas un cas isolé. Internet et les réseaux parallèles regorgent encore de propositions trompeuses qui jouent sur la crédulité et les difficultés financières des citoyens. Le danger est réel et permanent.
Le gouvernement a pris ses responsabilités, mais cette lutte ne peut réussir qu’avec l’engagement de tous : autorités, société civile, médias et surtout citoyens. Ne pas céder aux mirages faciles, dénoncer les pratiques suspectes, protéger les proches : voilà le rôle que chacun doit jouer.
La dissolution de Qnet doit marquer le début d’une ère nouvelle. Une ère où l’État affirme son autorité, où la loi protège les plus faibles et où les escrocs comprennent que le Burkina Faso ne sera jamais une terre d’impunité.
LFL







