À Bamako, la sixième Journée du géologue du Mali n’a pas été qu’un simple rendez-vous scientifique le samedi 11 octobre 2025. Elle a pris des allures de déclaration politique : celle d’un pays décidé à reconquérir la maîtrise de son sous-sol et à transformer la géologie en instrument de libération nationale.
Sous le thème « La géologie au service du développement durable et du développement des ressources énergétiques : pas de développement sans les femmes », chercheurs, ingénieurs, responsables publics et militantes ont parlé d’une même voix : le temps de la dépendance est terminé.
“Nos ressources doivent cesser de nourrir d’autres économies pendant que nos villages manquent d’eau et d’électricité”, a lancé, avec conviction, un membre de la Fédération des Géoscientistes du Mali (FEGEM), organisatrice de la rencontre.
Le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, a rappelé que le Mali, troisième producteur d’or d’Afrique avec près de 66 tonnes par an, veut désormais orienter cette richesse vers le développement intérieur. Le nouveau Code minier de 2023, qui porte la part de l’État à 30 % dans les projets miniers et 35 % dans celui du lithium de Goulamina, symbolise cette volonté de rupture. “Notre or, notre lithium, notre avenir ne sont plus à vendre”, a-t-il martelé.
Mais au-delà des chiffres, cette journée a mis en avant un autre combat : celui de la place des femmes dans la conquête minière africaine. “Sans les femmes, il n’y aura pas de développement durable”, a affirmé Wadiou Traoré, présidente de Women in Mining Mali. Le projet Mentorat Mines, qui accompagne les jeunes étudiantes des géosciences, s’inscrit dans cette dynamique d’émancipation et de transmission.
Dans un monde où les grandes puissances lorgnent les minerais stratégiques africains, le Mali choisit une autre voie : celle de la souveraineté, de la transparence et de la science nationale. Clôturant la cérémonie, le ministre Keïta a appelé à “décoloniser la géologie”, pour que les savoirs, les ressources et les bénéfices reviennent enfin à ceux qui en sont les héritiers légitimes : le peuple malien.
Ainsi, au-delà des laboratoires et des mines, la géologie devient au Mali un symbole de résistance, de dignité et de renaissance africaine.
LFL









