A Antananarivo, ce lundi 13 octobre 2025, la capitale malgache vit des heures de tension inédites. La présidence dénonce ce lundi une tentative de prise de contrôle des médias publics par un groupe de militaires, un épisode survenu au moment où le président Andry Rajoelina devait s’adresser à la Nation. L’allocution, initialement prévue à 19 h, a été reportée à 21 h 30, reflétant la gravité de la situation.
Dimanche, la Place du 13 mai avait été le théâtre d’une mobilisation historique. Étudiants, artistes, entrepreneurs, membres des forces de sécurité et diaspora se sont retrouvés autour d’un mot d’ordre clair : « un changement de cap ». La foule exigeait la fin des privilèges, un accès équitable à l’eau, à l’électricité, à la santé et à l’éducation, et la libération des camarades détenus lors de manifestations précédentes.
Parmi les manifestants, des figures de l’opposition et des militaires loyaux au peuple se sont fait remarquer. Le général Démosthène Pikulas, le général Lylison Roland de René et le colonel Mikaël Randrianirina du CAPSAT ont côtoyé l’ancien président Marc Ravalomanana et l’ex-président du Sénat Rivo Rakotovao, incarnant une union inédite entre citoyens et acteurs de la défense nationale.
Le colonel Randrianirina, interrogé sur de possibles velléités de coup d’État, a été clair : « L’armée n’a pas pris le pouvoir. Nous avons simplement répondu à l’appel du peuple malgache. »
Cette déclaration résonne comme un message fort : face à un pouvoir contesté et à une contestation populaire massive, certains officiers choisissent d’aligner l’institution militaire sur la volonté des citoyens.
Dans les rues d’Antananarivo, le sentiment de peur laisse place à une détermination palpable. Les habitants observent, discutent, s’organisent et défendent leur droit à exiger un changement de gouvernance. Chaque affiche, chaque pancarte et chaque voix dans la foule devient un symbole de résistance.
La situation reste incertaine, mais elle souligne une réalité incontournable : la mobilisation populaire et l’exigence citoyenne peuvent influer sur le cours des affaires publiques. À Madagascar, un peuple décidé à se faire entendre semble prêt à rappeler que la souveraineté nationale appartient avant tout à ceux qui la portent, pas à une poignée de dirigeants.
LFL







