À Abidjan comme dans plusieurs villes du pays, la colère ne retombe pas. Trois jours après la violente répression de la marche du 11 octobre, le Front commun PDCI-RDA–PPA-CI annonce une nouvelle grande mobilisation nationale pour exiger le respect de la Constitution et des libertés publiques.
L’annonce, faite dans un communiqué au ton déterminé, résonne comme un défi lancé au pouvoir. « Marcher n’est pas un crime, c’est un droit constitutionnel que nul ne saurait confisquer », affirme la porte-parole, Me Habiba Touré, promettant que la rue continuera de s’exprimer « contre la peur et pour nos libertés ».
La tension politique est à son comble. À moins de trois semaines de la présidentielle du 25 octobre, le rejet des candidatures de Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan par le Conseil constitutionnel a provoqué une onde de choc. Pour le Front commun, il s’agit d’une dérive autoritaire et d’une tentative du régime de verrouiller le processus électoral.
Malgré les interdictions préfectorales, les arrestations et la brutalité policière, des marches spontanées se multiplient à Gagnoa, Daloa, Bonoua ou Alépé. « Nous saluons le courage de ces citoyens qui continuent de marcher pour la justice et la liberté », a déclaré Me Touré, dénonçant « une répression aveugle et disproportionnée ».
Le mouvement d’opposition entend désormais organiser et structurer cette mobilisation populaire. Il promet de « faire régulièrement le point sur les initiatives citoyennes pour les rendre visibles, cohérentes et efficaces, au service d’un seul objectif : la restauration de l’État de droit et des libertés publiques ».
Dans un message adressé aux forces de sécurité, le Front commun met en garde : « L’exécution d’un ordre manifestement illégal ne protège d’aucune responsabilité, ni devant le droit national, ni devant le droit international. »
Alors que la Côte d’Ivoire s’approche d’un scrutin contesté, la rue s’impose plus que jamais comme le dernier espace d’expression politique. Et pour une opposition déterminée, un mot d’ordre s’impose : marcher encore, jusqu’à ce que justice soit faite.
LFL







