À moins de quinze jours de la présidentielle ivoirienne, Laurent Gbagbo reprend la main. Exclu du scrutin par le Conseil constitutionnel, l’ancien président convoque ce mercredi 15 octobre 2025 une réunion élargie du Conseil Stratégique et Politique (CSP) de son parti, le PPA-CI, dans son cabinet d’Attoban, à Abidjan. Une convocation qui sonne comme un signal fort : la mobilisation citoyenne et politique ne faiblira pas.
Le contexte est explosif. Trois jours après la répression sanglante des marches du 11 octobre, où des dizaines de manifestants ont été arrêtés et blessés, la colère populaire s’étend. Des villes comme Daloa, Gagnoa, Bonoua et Abidjan ont vu naître des mobilisations spontanées, défiant l’interdiction des autorités. Pour le Front commun de l’opposition, ces actions sont la preuve que marcher pour ses droits et ses libertés est un devoir citoyen.
Cette réunion du CSP, qui rassemblera les présidents des organes du parti, les responsables du Conseil politique permanent et du Conseil de discipline, vise à redéfinir la stratégie du PPA-CI, à structurer les mobilisations et à préparer la coordination avec le Front commun PDCI–PPA-CI. Selon des sources internes, il s’agira aussi de répondre à la répression du 11 octobre et d’affirmer le droit des Ivoiriens à défendre la Constitution.
Me Habiba Touré, porte-parole de Gbagbo, a rappelé avec force :
« Marcher n’est pas un crime, c’est un droit constitutionnel. Nous continuons de marcher pour nos libertés, pour notre Constitution, pour notre pays. »
Loin d’être un simple acte politique, cette réunion traduit la détermination du PPA-CI à résister à l’injustice et à la violence d’État. Elle envoie un message clair : malgré l’exclusion, malgré la répression, la voix de l’opposition reste vivante et prête à reprendre l’initiative.
À Abidjan et au-delà, le pays observe. L’ancien président, silencieux jusqu’ici, revient au-devant de la scène pour rappeler que la démocratie et la liberté ne se négocient pas, et que la mobilisation citoyenne ne faiblira pas, jusqu’au respect effectif de la Constitution et des libertés publiques.
LFL







