Le mardi 21 octobre 2025, Yamoussoukro a été le théâtre de violents affrontements entre jeunes manifestants et forces de l’ordre, perturbant la vie quotidienne dans plusieurs quartiers de la capitale politique de la Côte d’Ivoire.
Les incidents ont commencé dès les premières heures de la matinée. Des habitants rapportent avoir entendu des tirs de gaz lacrymogènes et assisté à des courses-poursuites dans les rues. Le quartier Morofé a été particulièrement touché. « Les forces de l’ordre sont intervenues dans les habitations et ont interpellé plusieurs personnes. Beaucoup ont préféré se mettre à l’abri », témoigne un habitant. Selon un autre résident, « les gaz lacrymogènes ont été utilisés même dans les cours et devant les maisons, créant un climat de panique ».
Ces tensions ont provoqué une suspension quasi totale de l’activité économique et sociale. Commerces, maquis et marchés sont restés fermés, tandis que les habitants se sont confinés pour éviter blessures et arrestations.
Des affrontements à l’arme blanche ont été signalés dans certains quartiers, notamment au carrefour 44 du quartier Habitat et au 220 Logements. Plusieurs témoins évoquent des jeunes armés de machettes et de gourdins s’affrontant entre eux. Ces violences ont été accompagnées de faits de pillage dans des boutiques et commerces locaux, obligeant la population à se protéger.
Selon des sources locales, ces événements ont été déclenchés par l’arrestation de deux jeunes dans la nuit du lundi 20 octobre au quartier Morofé. Les tentatives de médiation pour leur libération n’ayant pas abouti, la colère des jeunes s’est transformée en manifestations organisées dans plusieurs zones. Les mouvements de protestation ont rapidement pris une dimension politique, en lien avec le débat autour d’un quatrième mandat du président sortant Alassane Ouattara.
En milieu d’après-midi, vers 16 heures, le climat restait tendu. Des gaz lacrymogènes continuaient d’être utilisés, et plusieurs blessés ont été évacués vers des centres de santé, certains nécessitant des soins urgents.
Pour l’heure, l’ampleur exacte des dégâts matériels et humains n’est pas encore connue. Les autorités locales et sécuritaires ont appelé la population à la prudence et à la retenue, tout en poursuivant leurs patrouilles pour prévenir toute nouvelle escalade.
Ljp







