Le Fonds monétaire international (FMI) a relevé ses projections de croissance pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), tablant désormais sur une hausse du PIB de 3,3 % en 2025, contre 2,6 % estimés lors de sa précédente note publiée en mai.
Malgré cette amélioration, le FMI alerte sur les risques persistants qui pèsent sur la région. Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude, les tensions commerciales et un environnement géopolitique fragile, les perspectives restent orientées à la baisse, a expliqué Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI. « Les perspectives de cette année témoignent d’une certaine résilience, malgré des incertitudes mondiales élevées, des droits de douane généralisés et des tensions géopolitiques toujours présentes », a-t-il déclaré à l’agence Reuters.
Selon le FMI, les pays exportateurs de pétrole profitent de la hausse de la production énergétique, d’un renforcement des investissements publics et de réformes structurelles visant à diversifier leurs économies. Pour les pays importateurs de pétrole, la croissance est soutenue par la reprise du tourisme, la baisse des prix des matières premières, l’augmentation des transferts de fonds des expatriés et la modération de l’inflation, facilitée par un meilleur accès aux marchés financiers.
Le FMI attire toutefois l’attention sur plusieurs sources de vulnérabilité : un ralentissement de la demande mondiale susceptible de faire baisser les prix du pétrole, une inflation persistante et l’intensification possible des tensions commerciales internationales. « Si les tensions géopolitiques ont montré des signes d’apaisement ces dernières semaines, la prudence reste de mise », souligne Jihad Azour, rappelant que la région reste exposée aux fluctuations économiques mondiales.
Depuis 2020, le FMI a approuvé 55,7 milliards de dollars de financements pour des pays de la région, dont 21,4 milliards depuis début 2024, au profit de programmes en Égypte, en Jordanie, au Maroc et au Pakistan. Ces appuis visent à renforcer la stabilité économique et à accompagner les réformes structurelles nécessaires à une croissance durable.
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