Elles sont d’ordinaire celles qu’on ne voit pas. Chaque matin, balai à la main, elles redonnent visage à nos rues avant même que la ville ne s’éveille. Mais ce lundi 10 novembre 2025, les balayeuses de Dokoui ont troqué leurs balais contre des pancartes pour dire stop à la « précarité et au mépris ».
“Président ADO, aide-nous !” :le cri de femmes épuisées mais debout
Rassemblées au carrefour Bangui, elles ont bloqué la circulation pour se faire entendre, déterminées à ne plus se taire. Sur leurs pancartes, un message clair :
« Président ADO, aide-nous. La prime de transport de 25.000 F n’a pas changé, pas de délégué du personnel, pas de comité de santé et sécurité au travail, pas de liberté syndicale, pas de primes, ni de tenues, ni d’assurance. »
Derrière ces mots simples se cache une réalité dure : des femmes qui, malgré la poussière, les ordures et la fatigue, peinent à joindre les deux bouts. Elles réclament non pas des privilèges, mais le respect du droit au travail décent.
Une colère légitime, un combat pour la reconnaissance
Les manifestantes dénoncent un système où leur labeur est invisible, où leur rôle essentiel dans la salubrité urbaine est ignoré.
« Nous gardons la ville propre, mais personne ne pense à nous », lance l’une d’elles, la voix étranglée d’émotion.
Pour elles, cette journée marque un tournant : elles refusent désormais de balayer leur propre souffrance sous le tapis. Elles exigent une prime revalorisée, des visites médicales, une assurance, et la création d’un comité de sécurité au travail.
Le soutien populaire : “Ces femmes méritent notre respect”
Malgré les embouteillages, de nombreux automobilistes ont exprimé leur compréhension.
« On devrait les célébrer, pas les ignorer. Ce sont elles qui nous offrent une ville vivable chaque matin », confie un passager bloqué sur la route du zoo.
Un mouvement pacifique, mais porteur d’un message fort
Encadré par la police, le rassemblement s’est déroulé dans le calme. Mais le message, lui, résonne fort : ces femmes exigent qu’on reconnaisse enfin leur place dans la société.
Aujourd’hui, à Dokoui, les balayeuses ont balayé le silence. Et leur combat pour la dignité pourrait bien inspirer d’autres travailleurs invisibles à travers le pays.
K.F.









