À quelques semaines des législatives, le PPA-CI traverse une secousse politique majeure. En révoquant plus de vingt cadres le 19 novembre 2025, Laurent Gbagbo a choisi la fermeté absolue face à ceux qui ont décidé de braver la ligne officielle de non-participation. Le message est clair : dans un parti construit dans l’adversité, la discipline n’est pas une option, mais un principe fondateur.
Derrière cette décision, annoncée par la porte-parole Me Habiba Touré, se joue bien plus qu’un simple arbitrage interne. Pour Gbagbo, ceux qui ont choisi de maintenir ou déposer des candidatures se placent en rupture frontale avec une orientation collective arrêtée par le Comité central. Leur geste, interprété comme un acte d’insubordination, remet en cause l’unité du parti au moment où celui-ci veut dénoncer ce qu’il considère comme une dérive grave du processus électoral.
Parmi les personnalités visées figurent des figures importantes : Georges Armand Ouégnin, Stéphane Kipré, Prince Arthur Dalli ou encore Seri Louma. Autant de responsables dont le départ marque un choix assumé de privilégier la cohérence interne plutôt qu’un pluralisme perçu comme affaiblissant la lutte politique.
Car la ligne de Gbagbo est sans équivoque depuis la session du Comité central du 6 novembre : participer aux législatives reviendrait à « couvrir la forfaiture » de la présidentielle de 2025, un scrutin entaché, selon lui, par des violences et un lourd bilan humain. « Aller en décembre, c’est couvrir les blessés et les morts d’un linceul dédaigneux », a-t-il martelé. Une prise de position qui s’inscrit dans une logique de résistance politique plutôt que de normalisation institutionnelle.
Dans cette perspective, le parti rappelle que la discipline n’est pas un simple rappel réglementaire, mais l’expression d’un engagement profond envers les militants, les victimes et ceux qu’il appelle ses « martyrs ». À l’heure des choix, souligne la direction, on ne peut « se revendiquer du PPA-CI dans les honneurs et s’en affranchir dans l’adversité ».
Cette vague de sanctions, loin d’être un geste isolé, pose un marqueur politique fort : le PPA-CI affirme qu’il préfère la cohérence à la dispersion, la fidélité à la ligne à l’opportunisme électoral. Une démonstration de fermeté qui redéfinit les contours du parti à un moment décisif de la vie politique ivoirienne.
Roland Yoboué







