À un mois du scrutin législatif, le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) poursuit un resserrement interne sans précédent. Après la révocation de vingt-deux cadres ayant désavoué le boycott décidé par le parti, une nouvelle vague de suspensions vient d’être annoncée, confirmant une stratégie disciplinaire désormais pleinement assumée.
Dans un communiqué rendu public lundi, la porte-parole du parti, Me Habiba Touré, indique que dix-neuf militants ont été suspendus à titre conservatoire par le Conseil de discipline. Les personnes visées – élus locaux, responsables fédéraux ou militants actifs – sont accusées d’avoir contrevenu à la résolution du Comité central du 6 novembre, qui interdisait toute participation ou soutien aux législatives du 27 décembre.
Une restructuration qui touche les instances de base
Parmi les sanctions les plus significatives figure celle prononcée contre Séri Louma Hortense, présidente de la Ligue des Femmes. Sa suspension entraîne la dissolution du Bureau exécutif de la structure féminine, une décision qui traduit la volonté de la direction de reprendre la main sur les organes locaux du parti. Le PPA-CI annonce d’ailleurs la nomination prochaine de directions intérimaires pour les Ligues des Femmes et des Jeunes.
D’autres personnalités, issues de différentes fédérations, sont également concernées : Ahipeaud Jean-André, Boka Boka Maurice, Digbeu Toh Lambert, Djédjé Eugène, Poly Nemlin Rodrigue ou encore Yoh Sonezéré Mathias. Une liste qui illustre l’étendue de l’opération disciplinaire.
Un débat stratégique qui laisse des traces
Ces nouvelles suspensions s’inscrivent dans un contexte de tensions internes autour de la stratégie électorale du parti. Depuis plusieurs mois, le PPA-CI est divisé entre partisans d’un boycott total tant que les conditions politiques ne seraient pas « équitables », et militants favorables à une participation afin de rester présents sur la scène institutionnelle.
La direction, sous l’autorité de Laurent Gbagbo, semble vouloir mettre fin à ces divergences. Les sanctions successives révèlent un choix clair : celui de l’unité autour de la ligne officielle et du refus catégorique de participer aux législatives.
Un message adressé à la base, alors que l’opposition se fragmente
Alors que plusieurs partis d’opposition ont déjà dévoilé leurs candidats ou choisi d’autres stratégies, le PPA-CI rappelle par ces décisions qu’il ne prendra pas part au scrutin du 27 décembre. Il entend également empêcher toute initiative individuelle susceptible de brouiller la position officielle.
Cette nouvelle offensive disciplinaire confirme un recentrage fort du parti et met en lumière les recompositions en cours au sein de l’opposition ivoirienne, à la veille d’un scrutin déterminant pour la configuration politique de 2026.







