Le président malien Assimi Goïta a présidé samedi à Bamako la cérémonie marquant la création officielle de la Force unifiée de la Confédération des États du Sahel (FU-AES), une étape historique pour le renforcement de la sécurité régionale. Cette force regroupe les armées du Mali, du Burkina Faso et du Niger, après plusieurs mois de préparation et de coordination militaire.
La cérémonie, qui s’est déroulée en présence du Premier ministre malien, du président du Conseil national de transition, des ministres de la Défense des trois pays – Sadio Camara (Mali), Célestin Simporé (Burkina Faso) et Salifou Mody (Niger) – ainsi que des chefs d’état-major et de nombreux représentants diplomatiques, a été marquée par la remise officielle de l’étendard de la force, symbole de l’engagement commun des trois États.
Dans son allocution, le président Goïta a salué le professionnalisme des forces de défense et de sécurité et rappelé les succès des opérations conjointes Yéréko I et II, qui ont permis la neutralisation de chefs terroristes et la destruction de sanctuaires criminels dans la région. Il a insisté sur la nécessité d’une anticipation stratégique permanente face aux menaces terroristes, économiques et informationnelles qui pèsent sur le Sahel.
Le général Daouda Traoré a été officiellement installé à la tête de la Force unifiée, tandis que le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a souligné que « la paix, la sécurité et la souveraineté ne se délèguent pas », présentant cette force comme le fruit d’une mutualisation stratégique fondée sur les valeurs sahéliennes de solidarité et de dignité.
La création de cette force intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu, marqué par des attaques du groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) et de l’État islamique au Sahel, ainsi que par des crises logistiques affectant l’approvisionnement en carburant au Mali.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Confédération des États du Sahel, créée en septembre 2023 et transformée en confédération en juillet 2024, regroupant trois pays dirigés par des régimes militaires issus de coups d’État : Mali (août 2020), Burkina Faso (septembre 2022) et Niger (juillet 2023). Les trois États ont quitté la Cédéao en janvier 2025, affirmant leur volonté de coopérer de manière autonome sur les questions de sécurité et de souveraineté.
La cérémonie de Bamako précède de deux jours la deuxième session ordinaire de la Conférence des chefs d’État de l’AES, prévue dimanche, où les dirigeants discuteront des orientations stratégiques et opérationnelles de la Force unifiée pour les mois à venir.
Lfl







