Le gouvernement malien a relancé le 29 décembre le Dictionnaire opérationnel des métiers et emplois (DOME), un outil visant à harmoniser la classification des métiers et à améliorer la lisibilité du marché de l’emploi. La cérémonie s’est tenue à Bamako sous la présidence du secrétaire général du Ministère de l’Entrepreneuriat National, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, représentant la ministre Oumou Sall Seck, en présence de cadres ministériels, de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) et des membres de la commission ad hoc chargée du DOME.
Conçu comme un référentiel stratégique, le DOME doit faciliter la collecte des offres d’emploi, l’identification des compétences des demandeurs et l’orientation des politiques de formation professionnelle. Il servira également d’outil d’intermédiation entre acteurs publics et privés, et soutiendra la prise de décision en matière d’emploi et de formation.
Le lancement intervient dans un contexte économique marqué par un sous-emploi élevé et une économie largement informelle, avec plus de 80 % des emplois concentrés dans l’agriculture, le commerce et les services à faible productivité, selon la Banque mondiale. Le taux de chômage officiel reste relativement bas (2,4 % selon l’INSTAT et 3,1 % selon l’OIT en 2024), reflétant davantage une forte participation à des activités précaires qu’un accès généralisé à l’emploi formel.
La question de l’emploi des jeunes demeure centrale : près de 300 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail malien, tandis que le taux de chômage des 15-24 ans avoisine 4 % et que de nombreux jeunes ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en éducation. La relance du DOME vise donc à mieux identifier les métiers et compétences disponibles, en vue de réduire l’inadéquation entre formations et besoins du marché.
La commission chargée de l’élaboration du DOME, instituée en mars 2024, a recensé les référentiels existants et défini la méthodologie de production du dictionnaire, ainsi que les procédures de validation et de mise à jour. L’atelier de relance, prévu sur deux jours, rassemble une trentaine de participants issus de l’administration et des structures techniques publiques, afin de finaliser le calendrier de mise en œuvre et de déterminer les indicateurs d’impact à court terme.
Avec ce projet, les autorités maliennes entendent structurer le marché du travail et renforcer la planification de l’emploi, dans un contexte où la création d’emplois formels peine à suivre l’afflux annuel de jeunes sur le marché.









