À peine clos le scrutin législatif du 27 décembre 2025, la bataille politique dans la circonscription n°193 (Danané, Daleu, Gbon-Houyé, Kouan-Houlé, Seileu) s’est déplacée sur le terrain judiciaire. Les députés sortants, Berni Naman et Olivier Melo, ont saisi le Conseil constitutionnel d’un recours en annulation, contestant les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante (CEI).
La tension est montée d’un cran ce mercredi 7 janvier 2026 à Abidjan, lorsque la haute juridiction a officiellement notifié les parties de l’existence de cette requête. Les plaignants mettent en cause la régularité du scrutin ayant conduit à la victoire de la liste conduite par Guillaume Gbato et le Dr Souleymane Soumahoro.
Dans leur recours, Berni Naman et Olivier Melo avancent deux griefs majeurs. D’une part, ils affirment que quatre individus auraient été interpellés le jour du vote dans un centre de Gnigleu, en possession de cartes d’électeurs ne leur appartenant pas. Selon eux, ce réseau aurait « déversé des milliers de cartes » à travers la circonscription afin d’altérer la sincérité du scrutin. D’autre part, ils dénoncent l’existence de procès-verbaux mal renseignés, susceptibles, selon eux, de remettre en cause la fiabilité de la compilation des résultats.
Les élus proclamés n’ont pas tardé à réagir. Dans un communiqué, Guillaume Gbato et le Dr Souleymane Soumahoro ont rejeté des accusations qu’ils qualifient de « mensongères » et annoncé avoir saisi leurs conseils juridiques pour y répondre point par point dans les délais légaux. « Nous sommes convaincus que notre victoire ne souffre d’aucune irrégularité », assurent-ils, se disant confiants quant à l’issue de la procédure.
Souhaitant prévenir toute tension dans leur fief, les deux élus ont également appelé leurs partisans au calme et à la sérénité, affirmant leur foi en l’impartialité du Conseil constitutionnel pour confirmer leur élection.
Désormais, le sort de la circonscription n°193 repose entre les mains des juges constitutionnels, appelés à trancher entre les allégations de fraude formulées par les sortants et les arguments de défense des nouveaux élus, dans un dossier suivi de près par l’opinion locale et nationale.
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