Samedi 9 août 2025, à Yopougon, ce matin, la résistance s’écrit en pas, en chants et en regards confiants. Dans les rues, un mot revient sur toutes les lèvres : « Ensemble ». La plus grande commune d’Abidjan a vibré au rythme d’une marée humaine en colère mais disciplinée. Derrière Affi N’Guessan et les figures du PPA-CI et du PDCI-RDA, l’opposition ivoirienne a affiché un rare front uni pour dire non à une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara, transformant Yopougon en symbole de résistance pacifique.
Dès l’aube, la commune s’est éveillée dans un bruissement inhabituel. Les rues, encore humides de la rosée nocturne, se sont peu à peu remplies de silhouettes déterminées. Au carrefour Saguidiba, les premiers groupes se rassemblent, drapeaux et banderoles à la main. Les couleurs du PPA-CI dominent la scène, portées fièrement par des militants qui scandent déjà des refrains familiers : « Respectez Yopougon de Gbagbo », « On va installer Gbagbo ».
Le cortège s’étire en direction de la place Ficgayo. Des jeunes, des femmes, des anciens, venus parfois de quartiers éloignés, avancent au rythme des tambours et des slogans. Ici, on chante la liberté, là, on brandit des pancartes appelant à des réformes politiques et à un climat démocratique apaisé. L’air est chargé d’énergie et d’émotion.
Aux côtés du PPA-CI, les militants du PDCI avancent plus discrètement, attendant l’arrivée de leurs leaders pour se fondre pleinement dans la vague humaine. Le FPI et plusieurs mouvements de la société civile sont aussi là, mêlant leurs voix dans un chœur commun.
La marche, autorisée par les autorités, se déroule sous l’œil attentif mais non intrusif des forces de sécurité. Pas d’incident, pas de heurts : la discipline et la détermination l’emportent. Pour le Front Commun, coalition inédite de l’opposition, l’objectif est clair : prouver que l’unité peut se traduire par une mobilisation massive et pacifique.
LFL







