Le verdict des urnes est tombé, mais la polémique enfle déjà. Le président ougandais sortant, Yoweri Kaguta Museveni, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle avec 71,65 % des suffrages, selon les résultats définitifs proclamés ce samedi 17 janvier 2026, par la Commission électorale.
Au terme du scrutin tenu le jeudi 15 janvier, Museveni a recueilli 7 946 772 voix, devançant largement son principal challenger, Robert Kyagulanyi Ssentamu, dit Bobi Wine, crédité de 2 741 238 voix, soit 24,72 %.
Les autres candidats sont distancés. Nathana Nandala Mafabi du Forum pour le changement démocratique (FDC) obtient 1,88 %, tandis que Mugisha Muntu de l’Alliance pour la transformation nationale (ANT) recueille 0,53 %, selon les chiffres officiels.
La Commission électorale indique que le taux de participation s’est établi autour de 51 %, sur un total de 21,6 millions d’électeurs inscrits, pour 11 090 848 suffrages valablement exprimés. Ces résultats confirment la tendance observée lors du dépouillement, qui donnait déjà une avance confortable au président sortant.
Peu après l’annonce officielle, Bobi Wine a rejeté les résultats, dénonçant de graves irrégularités électorales. Le leader de la Plateforme de l’unité nationale (NUP) accuse les autorités de bourrages d’urnes, de militarisation du scrutin et d’arrestations ciblées visant des responsables et militants de l’opposition.
Dans une déclaration publiée samedi, il affirme également avoir échappé à une opération des forces de sécurité à son domicile de Magere, vendredi soir. Il évoque une coupure d’électricité, la désactivation des caméras de surveillance et la présence d’hélicoptères, ajoutant que certains membres de sa famille seraient toujours soumis à des restrictions de mouvement.
Les autorités ougandaises n’avaient pas réagi officiellement à ces accusations dans l’immédiat.
Le scrutin s’est déroulé dans un climat de fortes tensions politiques, marqué par une coupure d’Internet, des préoccupations liées aux libertés publiques et des appels répétés de la communauté internationale au respect des droits humains.
Au pouvoir depuis 1986, Yoweri Museveni entame ainsi un nouveau mandat, prolongeant l’un des règnes les plus longs du continent africain, dans un contexte politique de plus en plus polarisé.
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