La première Conférence internationale de la presse francophone a servi de cadre à une réflexion approfondie sur l’impact de l’intelligence artificielle (IA) dans l’univers des médias. À cette tribune internationale, la Côte d’Ivoire a été représentée par Viviane Mouhi Ayehui, présidente de l’Union de la presse francophone (UPF) section Côte d’Ivoire, qui a défendu une approche équilibrée et responsable de cette technologie émergente.
Intervenant lors d’une conférence-débat réunissant des professionnels venus de France, du Cameroun et d’autres pays francophones, elle a pris part aux discussions autour du thème : « Intelligence artificielle : opportunité ou menace ? ». Un débat qui a mis en lumière les profondes transformations que connaît la presse, confrontée à la remise en cause de ses modèles économiques et à l’évolution accélérée des pratiques professionnelles sous l’effet du numérique.
Pour Viviane Mouhi Ayehui, la question centrale n’est pas l’existence de l’IA, mais la manière dont elle est intégrée dans le travail journalistique. « L’intelligence artificielle est un outil. Elle ne remplacera jamais le journaliste de terrain », a-t-elle déclaré, appelant les professionnels des médias à une utilisation plus réfléchie et stratégique de ces technologies.
Dans cette dynamique, la présidente de l’UPF Côte d’Ivoire a annoncé que les conclusions et recommandations des travaux de Libreville seront relayées au plan national. Elle a également fait savoir que son organisation projette de former les journalistes ivoiriens à l’usage de l’IA, afin de renforcer leurs capacités tout en préservant les fondements éthiques du métier. « Nous devons dominer l’IA, pas en devenir dépendants. Le journalisme va se transformer, mais il restera vivant », a-t-elle souligné.
Un avis partagé par Éveline Mengue, présidente de l’UPF Cameroun, pour qui l’IA peut contribuer à améliorer la qualité rédactionnelle, à condition que les journalistes restent des acteurs centraux et critiques du processus de production de l’information.
D’autres intervenants ont toutefois mis en garde contre les dérives possibles. Olivier Piot, journaliste à Médias et Démocratie (France), a rappelé que l’IA ne saurait conduire une enquête ou un reportage, tandis que Georges Douguéli, de Jeune Afrique, a alerté sur les risques de désinformation et d’appauvrissement de l’esprit critique en l’absence d’un encadrement rigoureux.
Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé : l’intelligence artificielle doit rester au service du journaliste, sans jamais se substituer à son jugement, à son éthique professionnelle et à son engagement sur le terrain.
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