À l’occasion du 65ᵉ anniversaire de son indépendance, le Tchad est appelé à « renforcer le vivre-ensemble » et à « combattre la corruption », sous le regard vigilant d’un pouvoir qui continue de museler l’opposition. Ce message, prononcé par le président de la République le 11 août 2025, survient alors que son principal rival politique, Succès Masra, a été condamné à vingt ans de prison dans une affaire jugée par beaucoup comme un procès politique.
Depuis le Palais Toumaï, le chef de l’État a rendu hommage aux bâtisseurs de la nation et célébré les récentes élections, qu’il présente comme un gage de stabilité, malgré les critiques dénonçant un processus exclusif et marqué par la répression. Il promet de faire du Tchad un pays « prospère et respecté », tout en insistant sur la « moralisation » de la vie publique. Mais ce discours reste entaché par la détention arbitraire d’opposants et la limitation des libertés fondamentales.
Sur le plan économique, le président a annoncé le lancement du Plan national « Tchad connexion 2030 », visant à moderniser les secteurs clés comme l’agriculture, l’élevage et les infrastructures, en insistant sur l’autosuffisance alimentaire et la lutte contre les effets du changement climatique. Toutefois, ces ambitions butent toujours sur une gouvernance fragile et une corruption qui gangrène les institutions.
Le chef de l’État a aussi mis en avant le rôle primordial des forces de sécurité pour préserver la souveraineté nationale, dans un environnement régional marqué par les conflits et l’instabilité. Il a renouvelé son engagement pour la paix en Afrique, notamment avec l’accord signé en Centrafrique, et a lancé un appel à un cessez-le-feu au Soudan, dénonçant la crise humanitaire aggravée par une épidémie de choléra dans les camps de réfugiés.
En s’adressant particulièrement aux jeunes et aux femmes, il a appelé à un engagement citoyen fort, à la lutte contre les pratiques traditionnelles nuisibles, et au respect des valeurs républicaines. Un discours qui semble chercher à contenir la montée des contestations dans un contexte politique tendu.
Le président a conclu en invitant les Tchadiens à célébrer non seulement l’indépendance de leur pays, mais aussi leur liberté de penser, de choisir et de construire. Une invitation à la réflexion dans un climat où ces libertés sont pourtant souvent remises en cause.
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