Les troupes nigérianes dépêchées au Bénin à la suite de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 ont officiellement quitté le territoire béninois vendredi, mettant un terme à une mission de soutien sécuritaire engagée à la demande des autorités de Cotonou.
Le départ du contingent a été marqué par une cérémonie tenue à la caserne de Togbin, en périphérie de la capitale économique, sous la conduite du chef d’état-major général des Forces armées béninoises (FAB), le général Fructueux Gbaguidi. Des responsables militaires béninois et nigérians ainsi que l’ambassadeur du Nigéria au Bénin, Olukayode Olugbenga Aluko, ont pris part à l’événement.
Cette présence militaire faisait suite à la tentative de putsch menée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, rapidement neutralisée par les forces béninoises. Les autorités avaient néanmoins sollicité l’appui du Nigéria afin de prévenir toute escalade de la violence, notamment en raison du retranchement des mutins dans une installation stratégique.
Lors d’un point de presse en décembre dernier, le ministre béninois des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, avait précisé que l’intervention étrangère ne s’était faite qu’après la maîtrise de la situation par les FAB, soulignant que l’objectif principal était d’éviter des pertes humaines et des dommages matériels. L’opération s’inscrivait dans le cadre du dispositif de solidarité sécuritaire de la Cédéao.
À Abuja, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar Maitama, avait salué la gestion concertée de la crise par les présidents Patrice Talon et Bola Ahmed Tinubu, mettant en avant la nécessité d’une coopération étroite entre services de renseignement, forces de défense et diplomatie face aux menaces institutionnelles.
Sur le plan judiciaire et sécuritaire, les autorités béninoises poursuivent les investigations afin d’identifier d’éventuels relais ou soutiens extérieurs. Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji, a notamment évoqué des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux, dont les auteurs seraient identifiés.
Le gouvernement a par ailleurs relativisé la portée de la tentative de putsch, indiquant qu’elle n’impliquait qu’un nombre limité de militaires, estimé entre 100 et 200 soldats. Les deux officiers supérieurs retenus en otage ont été libérés, tandis qu’un policier soupçonné d’avoir diffusé des messages liés aux événements a été interpellé.
Les Forces armées béninoises ont réaffirmé leur détermination à garantir l’ordre constitutionnel et à consolider les coopérations régionales en matière de sécurité. Le retrait du contingent nigérian marque ainsi la fin d’une séquence exceptionnelle et le retour à une situation sécuritaire stabilisée.
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