Du 9 au 13 février 2026, Dakar a été le théâtre d’une formation stratégique de cinq jours destinée à renforcer les compétences des diplomates africains en matière de diplomatie économique et climatique. L’initiative a rassemblé des participants venus de 14 pays, dont le Burkina Faso, le Kenya, le Maroc, la République démocratique du Congo, l’Afrique du Sud et le Sénégal.
Organisée par l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP), en collaboration avec le Centre d’excellence pour le leadership et le management pour le développement de l’Afrique (CELMAD), la session avait pour objectif de transformer la vulnérabilité du continent face au changement climatique en un levier de négociation efficace sur la scène internationale.
Au programme, des modules combinant théorie et pratique, avec des outils de négociation avancés tels que le modèle 5×5, la BATNA et la ZOPA, ont permis aux participants d’aborder les principaux enjeux : financement climatique, mécanismes de pertes et dommages, adaptation et transition énergétique. Le point d’orgue a été une simulation de négociation de type COP, où les diplomates ont exercé leur capacité à former des coalitions africaines unies et à défendre les positions du continent sous forte pression.
Selon Fodé Ndiaye, directeur général du CELMAD, « la diplomatie économique et climatique nécessite une vision globale. L’Afrique dispose de ressources stratégiques – énergie, minerais, biodiversité – qu’il faut valoriser tout en optimisant l’accès aux fonds internationaux ». La formation a également insisté sur l’importance de mobiliser les ressources domestiques, en complément des financements extérieurs, pour renforcer la souveraineté économique et climatique du continent.
Les participants ont identifié cinq axes prioritaires : intégrer systématiquement le climat dans toutes les politiques publiques, anticiper les impacts du changement climatique, renforcer la coordination institutionnelle, préparer les positions de négociation bien en amont et mettre en œuvre rapidement les opportunités stratégiques.
Clôturant la session, Mamadou Soulé Guèye, représentant du ministère des Affaires étrangères du Sénégal, a rappelé la philosophie de l’Ubuntu : « Je suis parce que nous sommes. L’unité et la solidarité sont essentielles pour que l’Afrique puisse peser sur les décisions mondiales ».
Fort de ce succès, une deuxième session de formation est prévue à Addis-Abeba en avril 2026, pour former une nouvelle cohorte de fonctionnaires africains et continuer à consolider la voix du continent dans les négociations climatiques et économiques internationales.
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