Le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan a annoncé, le lundi 11 août 2025, l’ouverture d’une information judiciaire visant Lida Kouassi Moïse et Koné Boubacar. Les deux cadres du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) sont accusés d’avoir « commandité » des violences survenues le 1er août à Yopougon, dans le but, selon le parquet, de perturber l’élection présidentielle prévue en octobre prochain.
Dans un communiqué, le ministère public décrit une « horde d’individus encagoulés » armés de machettes, gourdins, armes à feu et cocktails incendiaires, qui auraient incendié un bus de la SOTRA, endommagé un véhicule de la Police nationale et agressé ses occupants. Les assaillants s’en seraient également pris à des stations-service, à des locaux de la Commission électorale indépendante (CEI) à Yopougon Niangon, ainsi qu’à l’annexe de la mairie de Yopougon Niangon à gauche.
L’enquête a permis l’arrestation de plusieurs personnes, dont Kouamé OI Kouamé Josué alias « Général Frazaho », Zoh Inza alias « Zoulou » et Gnegbré Kado Jean Claude alias « Jaguar ». D’après le parquet, ces individus auraient reconnu avoir agi sur instruction de Lida Kouassi et Koné Boubacar, tous deux résidant à l’étranger et soupçonnés de diriger un mouvement insurrectionnel.
Le procureur estime que ces faits relèvent d’« actes terroristes, complot contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel, dégradation et incendie volontaires de biens ». Les suspects ont été déférés à la Section antiterroriste du tribunal d’Abidjan avec mandat de dépôt, conformément aux lois ivoiriennes sur la répression du terrorisme et au Code pénal.
La veille, lors d’une conférence de presse au siège du PPA-CI, le président exécutif du parti, Sébastien Dano Djedjé, et le président du Conseil stratégique et politique, Justin Koné Katinan, ont dénoncé un « harcèlement judiciaire et politique » destiné, selon eux, à « museler l’opposition » depuis l’annonce de la candidature jugée « anticonstitutionnelle » du président Alassane Ouattara.
Le parti soutient que les noms de ses deux cadres ont été cités par des personnes détenues « au secret » et privées d’assistance juridique, rendant leurs déclarations « sans valeur légale ».
LFL







