Le décès d’une fillette d’un mois, attribué à une excision illégale, ravive la mobilisation contre cette pratique interdite depuis 2015 mais toujours répandue en Gambie. Militantes et défenseurs des droits de l’enfant réclament des poursuites exemplaires.
Un nouveau drame secoue la Gambie. Ce week-end, une fillette âgée d’un mois a perdu la vie à la suite d’une hémorragie sévère. Pour les organisations féministes, il ne fait aucun doute : l’enfant a succombé à une excision clandestine.
Dans un communiqué, la police gambienne a confirmé l’arrestation de deux femmes en lien avec le décès. Elle a réaffirmé sa détermination à protéger les personnes vulnérables et a invité la population à dénoncer toute pratique nocive.
L’ONG Women In Leadership and Liberation (WILL) a fermement condamné cette « violence inacceptable » : « La culture n’est pas une excuse, la tradition n’est pas un bouclier », a-t-elle insisté. De son côté, l’Assemblée nationale des enfants de Gambie a dénoncé « un acte brutal et inhumain » qui bafoue les droits fondamentaux des plus jeunes.
L’excision, qui consiste à retirer partiellement ou totalement les organes génitaux externes féminins, est interdite dans le pays depuis 2015. Pourtant, elle reste pratiquée sur près de trois quarts des femmes et filles âgées de 15 à 49 ans. Depuis la criminalisation, seuls deux cas ont été portés devant la justice.
En 2024, des partisans de la pratique, dont des imams influents, avaient tenté de faire abroger la loi, en vain. Ce décès tragique vient rappeler l’ampleur du chemin à parcourir pour mettre fin à une tradition mortelle. Celle dans laquelle, la défense des droits humains se heurte encore à de puissantes résistances culturelles.
LFL








