Dès les premières heures de la matinée, la mosquée d’Aghien, dans la commune de Cocody à Abidjan, s’anime. Par petits groupes ou en famille, des fidèles convergent vers le lieu de prière, vêtus de leurs plus beaux habits. L’ambiance est à la fois solennelle et joyeuse. Ce vendredi 20 mars 2026, la communauté musulmane de Côte d’Ivoire célèbre l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du mois sacré de Ramadan.
Dans la cour de la mosquée, les rangées se forment progressivement. Les salutations fusent, les visages s’illuminent. Puis, dans un silence empreint de recueillement, la prière des deux raka’at débute, dirigée par l’imam principal, Aboubacar Coulibaly.
À l’issue de la prière, le sermon capte l’attention. D’une voix posée, l’imam rappelle le sens profond du Ramadan : un mois de discipline, de foi et de purification. Il invite les fidèles à ne pas rompre avec cet élan spirituel, insistant sur la piété comme guide dans la vie quotidienne. « Le Ramadan nous forme, mais c’est après qu’il nous transforme », semble résumer son message.
Le guide religieux s’attarde ensuite sur la Zakat al-Fitr. Plus qu’un simple geste, il la présente comme un acte de solidarité indispensable. « Elle permet à chacun de vivre la fête dans la dignité », explique-t-il, rappelant que le partage est au cœur de l’islam.
Mais très vite, le sermon dépasse le cadre strictement religieux pour s’ancrer dans l’actualité nationale. Aboubacar Coulibaly évoque la recrudescence des accidents de la route en Côte d’Ivoire. Le ton devient plus ferme. Il appelle conducteurs et usagers à la responsabilité : respect du code de la route, prudence et discipline. Pour lui, la foi doit se traduire dans les actes du quotidien, y compris sur les routes.
« Préserver la vie humaine est une obligation », insiste-t-il, sous le regard attentif des fidèles.
Le sermon se conclut par des prières pour la paix et la stabilité du pays. Des bénédictions sont également adressées au président Alassane Ouattara, afin qu’il soit guidé dans sa mission à la tête de l’État.
À la fin de la cérémonie, l’atmosphère change. Les visages se détendent, les accolades se multiplient. Les fidèles échangent des vœux, partagent des sourires et prolongent ce moment de communion.
Entre spiritualité profonde, solidarité active et appel à la responsabilité citoyenne, la célébration de l’Aïd el-Fitr à la mosquée d’Aghien aura été bien plus qu’un simple rituel : un véritable moment de rappel des valeurs essentielles du vivre-ensemble en Côte d’Ivoire.
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