La crise qui secoue actuellement l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) révèle une réalité préoccupante : l’incapacité des acteurs à dissocier les ambitions individuelles de l’intérêt collectif.
La déclaration du Collectif pour le respect des journalistes ivoiriens, en date du 22 mars 2026, a le mérite de poser clairement le débat. Peut-on sérieusement envisager un report du 12e Congrès ordinaire alors que des procédures judiciaires continuent de peser sur l’organisation ? La réponse semble évidente : non.
Car la judiciarisation d’un conflit interne est toujours un aveu d’échec du dialogue. Elle rigidifie les positions, expose la corporation sur la place publique et fragilise durablement sa crédibilité. Dans un tel contexte, appeler à un report du congrès sans exiger au préalable la levée des poursuites reviendrait à institutionnaliser la crise.
Mais au-delà des positions des uns et des autres, une question centrale demeure : que veut réellement la communauté des journalistes ivoiriens ? Une organisation forte, crédible et démocratique, ou un champ de bataille permanent où se mêlent rivalités personnelles et stratégies d’influence ?
Le congrès, en tant qu’instance suprême, doit rester un moment de clarification et de légitimation. Le retarder sans conditions claires, c’est prendre le risque d’alimenter davantage la confusion et la défiance.
Il est donc urgent que chaque partie prenne ses responsabilités. Aux plaignants de décider s’ils veulent prolonger la crise ou ouvrir la voie à une sortie apaisée. Aux dirigeants actuels de renforcer la transparence et la communication.
Car au final, ce n’est pas seulement l’image de l’UNJCI qui est en jeu, mais celle de toute une profession censée incarner la rigueur, la vérité et le sens de l’intérêt général.
Lfl







