Le général Salifou Mody, ministre nigérien de la Défense nationale, a accordé samedi 18 avril 2026 un long entretien à la télévision publique RTN (Télé Sahel), au cours duquel il a présenté la situation sécuritaire du pays, estimée selon lui « calme » et « sous contrôle », tout en reconnaissant que le Niger évolue dans un contexte de guerre depuis la reprise en main de sa souveraineté sécuritaire.
Une situation sécuritaire jugée « maîtrisée »
Le ministre a affirmé que « la situation sécuritaire nationale est calme, elle est sous contrôle », soulignant néanmoins l’intensité des opérations en cours sur le territoire.
Selon lui, environ 23 000 militaires et agents des forces de défense et de sécurité sont déployés quotidiennement sur le terrain dans le cadre des opérations de sécurisation.
« Ces hommes et ces femmes font ce travail pour leur patrie », a-t-il déclaré, estimant que le moral des populations civiles devait également être pris en considération face à la situation nationale.
Une réorganisation profonde des forces de défense
Le général Mody a détaillé la stratégie militaire adoptée depuis la reprise du contrôle sécuritaire du pays, basée sur une réorganisation interne et une décentralisation des responsabilités.
Il a expliqué que cette réforme repose sur :
- une plus grande autonomie accordée aux chefs d’opérations,
- un renforcement des responsabilités des commandements locaux,
- et une mobilisation de volontaires nationaux en appui aux forces régulières.
« Il y a eu une décentralisation des responsabilités au niveau des zones d’opération et une centralisation du commandement global », a-t-il précisé.
Des défis liés à l’immensité du territoire
Concernant les attaques répétées dans certaines zones, le ministre a mis en avant la difficulté de couvrir un territoire vaste et complexe.
Il a rappelé que le Niger compte environ 32 000 villages administratifs, auxquels s’ajoutent des zones nomades, avec des distances parfois importantes entre localités et des délais d’intervention courts pour les assaillants.
L’attaque de Niamey qualifiée d’« attentat »
Évoquant les incidents survenus à l’aéroport de Niamey et à la base aérienne de Tahoua, le ministre a parlé d’« attentat », estimant que ce type d’action implique des complicités locales.
Selon lui, la rapidité des attaques suggère une organisation soutenue par des réseaux présents sur place, tout en saluant la réaction rapide des forces nigériennes.
« Le Niger est en guerre »
Le général Mody a affirmé que le pays est désormais engagé dans une situation de conflit prolongé.
« Nous sommes entrés dans une phase de guerre », a-t-il déclaré, estimant que cette guerre dépasse le seul champ militaire et inclut également des dimensions politiques, médiatiques et économiques.
Réponse aux critiques internationales
Réagissant aux déclarations du général français François Lecointre sur la situation au Sahel, le ministre nigérien a adopté un ton ferme, affirmant la détermination du Niger à défendre sa souveraineté.
Hommage aux forces de défense et appel à reconnaissance
Le ministre a rendu hommage aux soldats morts dans les opérations de sécurité, évoquant les pertes humaines et les conséquences pour les familles.
Il a également proposé l’instauration d’une journée nationale dédiée aux « martyrs » des forces de défense et de sécurité.
Cap sur la modernisation militaire
Enfin, le général Mody a évoqué les perspectives de modernisation, notamment le développement d’une industrie de défense locale et l’ouverture à des compétences civiles dans le secteur.
Il a aussi indiqué que le Niger continue ses acquisitions d’équipements auprès de plusieurs partenaires internationaux, en fonction des disponibilités et des livraisons.






