À peine installé à la présidence de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko a déjà lancé un signal politique fort qui pourrait redéfinir les rapports de force au sommet de l’État sénégalais.
Lors de sa première prise de parole depuis le perchoir, le leader du Pastef a publiquement regretté l’absence de son parti dans les consultations ayant conduit à la nomination du nouveau Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo ainsi qu’à la formation du futur gouvernement.
« Un gouvernement se forme normalement avec la formation politique majoritaire dans un pays. Notre formation politique n’a pas été associée aux consultations qui ont conduit à la nomination du Premier ministre. Elle n’est pas associée à ce jour à la formation d’un gouvernement. Par conséquent, je voudrais dire qu’on ne peut pas faire du Pastef sans Pastef », a-t-il déclaré devant les députés.
Cette sortie, particulièrement remarquée dans les milieux politiques sénégalais, intervient seulement quelques jours après son départ de la Primature et son retour spectaculaire à l’Assemblée nationale où il a été élu avec une très large majorité.
Au-delà de la déclaration politique, plusieurs analystes y voient une volonté d’Ousmane Sonko de réaffirmer son autorité sur l’appareil politique du Pastef et de rappeler le rôle central de son parti dans l’accession au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.
Cette prise de position pourrait également traduire des tensions internes autour de la nouvelle organisation du pouvoir exécutif et de la redistribution des responsabilités au sein du camp présidentiel.
Désormais installé à la tête du Parlement, Ousmane Sonko dispose d’un levier institutionnel majeur qui lui permet de rester au cœur du jeu politique sénégalais, malgré son départ du gouvernement.
Alors que le nouveau gouvernement n’a pas encore été entièrement dévoilé, cette déclaration laisse déjà entrevoir une période de fortes tractations politiques entre l’exécutif et la majorité parlementaire.
Dans les cercles politiques dakarois, beaucoup considèrent désormais que la bataille d’influence au sein du pouvoir sénégalais ne fait que commencer.
Dina Light








