La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) reste vigilante face aux conséquences économiques des tensions géopolitiques qui secouent le Moyen-Orient. Réuni à Dakar pour sa deuxième session ordinaire de l’année 2026, le Comité de politique monétaire de l’institution a examiné un contexte international marqué par de fortes incertitudes, susceptibles d’affecter les économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
À l’ouverture des travaux, le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a souligné que la crise au Moyen-Orient, notamment les perturbations liées à la fermeture du détroit d’Ormuz, exerce déjà une pression sur les marchés énergétiques mondiaux et les chaînes d’approvisionnement.
Selon lui, plusieurs pays de l’Union ont enregistré une hausse des prix des carburants entre mars et mai 2026. Bien que l’inflation demeure actuellement sous contrôle grâce à une campagne agricole favorable, la Banque centrale estime que les effets de cette crise pourraient progressivement se répercuter sur les prix à la consommation au cours des prochains mois.
Au premier trimestre 2026, le taux d’inflation de l’UEMOA s’est établi à -0,2 %, contre -0,8 % au trimestre précédent. Une situation jugée encourageante, mais que la BCEAO considère comme fragile au regard de l’environnement international.
Malgré ces risques, les indicateurs économiques de l’Union demeurent globalement positifs. La croissance économique a atteint 6,1 % au premier trimestre 2026, confirmant la résilience des économies de la zone. Les finances publiques poursuivent également leur assainissement avec un déficit budgétaire ramené à 4,1 % du PIB.
La BCEAO note par ailleurs une amélioration des comptes extérieurs, portée par la progression des exportations d’or et d’hydrocarbures ainsi que par les ressources mobilisées par les États membres. Toutefois, l’institution monétaire avertit que la poursuite des tensions géopolitiques pourrait détériorer cet équilibre et renchérir davantage les importations énergétiques.
Sur le plan financier, les conditions de crédit se sont assouplies grâce à une meilleure liquidité bancaire et à la baisse des taux directeurs. Le taux d’intérêt à une semaine sur le marché interbancaire est ainsi ressorti à 4,26 %, en recul de 68 points de base.
À travers cette session, la BCEAO entend ajuster sa politique monétaire afin de préserver la stabilité économique de l’Union face aux chocs extérieurs qui continuent de peser sur l’économie mondiale.
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