Le mercredi 13 août 2025, le ministre de l’Agriculture Kobenan Kouassi Adjoumani a levé le voile sur une décision qui pourrait changer le quotidien de milliers de familles : 2 025 FCFA le kilo de beurre de karité pour la campagne 2025-2026.
Derrière cette annonce, un objectif clair : redonner du pouvoir économique aux 152 000 femmes qui portent cette filière à bout de bras. Des femmes qui, chaque saison, parcourent des kilomètres pour récolter les fruits, les cassent, les font sécher et les transforment, souvent avec des moyens rudimentaires, pour en extraire un beurre prisé dans le monde entier.
Le gouvernement veut rompre avec les pratiques qui saignent la filière. Exportations terrestres interdites, traçabilité stricte, reçus obligatoires : chaque kilo devra désormais profiter d’abord à la Côte d’Ivoire. Le Conseil du coton et de l’anacarde prend la main pour structurer un marché en pleine expansion, porté par la demande internationale dans les secteurs cosmétique, agroalimentaire et pharmaceutique.
Au-delà des chiffres, cette politique vise à transformer sur place le karité, brut ou raffiné, afin de créer plus de valeur ajoutée et d’emplois locaux. Une manière de faire du beurre de karité non seulement un produit d’exportation, mais aussi un moteur de développement rural.
En plaçant les femmes au centre, l’État mise sur un double pari : améliorer les conditions de vie dans les villages et faire rayonner le karité ivoirien sur la scène internationale. « Protéger les productrices, c’est protéger l’avenir de la filière », a insisté le ministre.
Avec ce prix historique et un encadrement renforcé, la Côte d’Ivoire veut écrire une nouvelle page : celle où le karité ne part plus brut vers d’autres continents, mais s’impose comme une richesse nationale, façonnée par celles qui en sont les véritables gardiennes.
LFL









