Le Conseil du Café-Cacao franchit une nouvelle étape dans la modernisation de la filière. À compter du 1er septembre 2026, la carte du producteur sera exigée pour toute opération d’achat et de vente de cacao en Côte d’Ivoire. La mesure vise principalement à renforcer la traçabilité de la production et la sécurisation des transactions.
La nouvelle disposition a été expliquée vendredi 21 août à Jacqueville, lors d’une rencontre de sensibilisation réunissant les producteurs et les différents acteurs de la chaîne de commercialisation du café et du cacao. La séance était animée par Bakayoko Inza, délégué régional du Conseil du Café-Cacao à Abidjan.
Identifier chaque producteur et sécuriser les ventes
Présentant le Système national de transaction (SNT), Bakayoko Inza a rappelé que ce dispositif, opérationnel depuis 2019, permet de suivre le cacao depuis sa production jusqu’à son acheminement vers les ports d’exportation.
Le système s’appuie notamment sur trois éléments : la carte du producteur, le terminal de paiement et les scellés des sacs de cacao.
La carte constitue l’identité numérique du producteur. Elle permet d’enregistrer les opérations et de sécuriser les transactions. De son côté, le terminal utilisé par l’acheteur permet de vérifier les informations du producteur avant le paiement. Les scellés assurent ensuite la traçabilité des sacs tout au long de la chaîne.
Pour le Conseil du Café-Cacao, cette organisation doit permettre de disposer de données plus fiables sur la production, de sécuriser le prix fixé par l’État et de limiter les risques de fraude, de vol et de contestation.
Une réforme liée aux exigences internationales
Au-delà des transactions commerciales, la carte peut également faciliter l’accès des producteurs à certains services sociaux. Les détenteurs bénéficient notamment d’une prise en charge médicale à 100 % dans les centres de santé publics, conformément aux dispositions en vigueur.
Bakayoko Inza a également mis en avant les enjeux liés aux nouvelles exigences des marchés internationaux. Une meilleure traçabilité doit notamment permettre à la Côte d’Ivoire de répondre aux normes de conformité imposées par certains partenaires, dont l’Union européenne.
Les producteurs qui ne disposent pas encore de leur carte sont invités à se rapprocher des équipes du Conseil du Café-Cacao pour effectuer leur identification ainsi que le levé de leurs parcelles.
Présent à la rencontre, le préfet de Jacqueville, Lago Digbeu Mathieu, a salué cette évolution et encouragé les producteurs à se regrouper au sein de coopératives pour bénéficier d’un meilleur encadrement.
Avec cette mesure, le Conseil du Café-Cacao entend ainsi mieux identifier les producteurs, sécuriser les transactions et renforcer la traçabilité du cacao ivoirien, de la plantation jusqu’au marché international.
Roland Yobouet








