Le Burkina Faso veut franchir un nouveau cap dans sa stratégie de souveraineté énergétique. Le gouvernement a approuvé une initiative de 104,175 milliards de francs CFA destinée à renforcer les infrastructures électriques et à porter le taux d’électrification à 70 % à l’horizon 2030.
Adoptée jeudi par le Conseil des ministres, l’Initiative sectorielle d’accroissement de la souveraineté énergétique s’inscrit dans le Pacte national de l’énergie et le Plan RELANCE 2026-2030. Au-delà de l’augmentation de l’accès à l’électricité, l’objectif affiché est de réduire la vulnérabilité énergétique du pays en renforçant ses propres capacités.
Le programme prévoit notamment le renouvellement des équipements de transport de l’électricité et l’extension du réseau de distribution. Des solutions énergétiques durables doivent également être développées au bénéfice des ménages, des écoles et des formations sanitaires.
L’enjeu est aussi économique. Selon le gouvernement, plus de 250 000 ménages pourraient bénéficier de nouveaux services électriques, tandis que les micro, petites et moyennes entreprises devraient disposer d’une alimentation énergétique améliorée.
Cette orientation traduit une volonté de faire de l’électricité davantage qu’un service public : un levier de production, d’emploi et de transformation économique. Le développement des usages productifs de l’énergie doit ainsi soutenir les activités des entreprises et contribuer à la création d’emplois.
Le dispositif doit également renforcer les capacités opérationnelles de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) et de l’Agence Faso Vêenem. Le ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a indiqué que les deux structures bénéficieront des équipements et infrastructures nécessaires à leurs missions.
Le financement, évalué à 104,175 milliards de FCFA, sera assuré par l’État burkinabè et ses partenaires.
Le véritable défi sera désormais celui de l’exécution. Atteindre 70 % d’électrification en quatre ans suppose non seulement de mobiliser les financements, mais aussi de construire les infrastructures, d’étendre efficacement les réseaux et d’assurer leur fonctionnement dans la durée.
Pour Ouagadougou, la souveraineté énergétique devient ainsi une condition de la transformation économique. Reste à convertir cette ambition en capacité électrique réellement disponible pour les populations et le secteur productif.
Lfl








