Le 19 août n’est jamais un jour ordinaire sur le continent africain. Il résonne comme un écho de luttes, de ruptures et d’espoirs, chaque décennie venant y inscrire une nouvelle cicatrice ou une lueur.
En 1805, c’est un étranger, l’Écossais Mungo Park, qui foule Bamako. Derrière l’exploration, déjà, se profile l’ombre des conquêtes coloniales. En 1940, au cœur de la Seconde Guerre mondiale, l’Afrique devient champ de bataille : les troupes italiennes s’emparent de Berbera, chassant les Alliés et révélant un continent pris dans les jeux meurtriers des empires.
Puis, le vent de la liberté souffle. Le 19 août 1960, le Sénégal claque la porte de la Fédération du Mali. Le lendemain, son indépendance est proclamée. Une victoire ? Oui. Mais aussi le signe que l’unité africaine, encore fragile, reste un rêve toujours menacé par les divisions.
Le 19 août, c’est aussi le théâtre d’affrontements aux allures de guerre froide. En 1981, au-dessus du golfe de Syrte, deux avions libyens tombent sous les missiles américains. Tripoli revendiquait ses eaux, Washington a rappelé sa puissance. Trente ans plus tard, en 2011, c’est encore la Libye qui s’embrase : les rebelles prennent Zawiya, encerclant Tripoli et précipitant la chute d’un régime vieux de quarante ans.
La douleur ne s’arrête pas là. Le 19 août 2013, Boko Haram massacre des dizaines de civils à Dumba, dans le nord du Nigéria. Le même jour, l’Afrique du Sud est secouée par l’annonce glaçante : Oscar Pistorius sera jugé pour le meurtre de Reeva Steenkamp. Quatre ans plus tard, en 2017, la rue togolaise se soulève : « Trop, c’est trop ! » scandent des milliers de voix, réclamant une alternance confisquée depuis des décennies.
Mais le 19 août n’est pas que tragédie. En 2019, Rabat vibre d’une énergie nouvelle : les Jeux africains s’ouvrent, rassemblant la jeunesse et les couleurs du continent. Depuis 2009, cette date porte aussi l’étendard de la solidarité universelle : la Journée mondiale de l’aide humanitaire.
Ainsi va le 19 août, jour d’ombres et de lumières. Une journée où l’Afrique pleure, lutte et espère. Une journée qui nous rappelle que l’histoire ne s’écrit pas sans drames, mais que l’avenir peut encore s’écrire avec courage et fraternité.
LFL







