Le 26 août 2025, Abidjan a levé 142,56 milliards FCFA. Mais ce succès a un goût amer : les investisseurs exigent désormais des rendements stratosphériques, jusqu’à 7,43 % sur le moyen terme. La première économie de l’Uemoa devient malgré elle le symbole du fardeau qui pèse sur les États de la zone franc.
L’appétit des investisseurs est bien là, avec une demande supérieure de 12 % à l’offre. Mais l’État ivoirien a dû jouer serré, rejetant certaines soumissions trop chères. Résultat : un financement quasi intégral, mais à un coût qui interroge.
Les banques et institutions ivoiriennes tiennent seules la barque, absorbant plus de 90 % des titres. Les voisins sénégalais et maliens ne sont que figurants. La dépendance intérieure devient donc une double vulnérabilité : elle concentre le risque et expose les finances publiques à un essoufflement rapide.
Ces taux inédits sont l’expression d’une réalité plus large : la fin de l’argent facile. Entre inflation persistante, politiques monétaires restrictives et besoins budgétaires explosifs, les marges de manœuvre se réduisent. La question est désormais politique autant qu’économique : comment éviter que le coût du financement n’étouffe l’action publique et le développement ?
LFL









