A Abobo ce mardi matin du 27 août 2025, une salle accueillent des volontaires. Tous viennent de quartiers, de villages et de districts différents. Certains affichent un sourire timide, d’autres une détermination palpable. Ici commence la formation des « Jeunes bénévoles pour la paix », un projet lancé par le gouvernement ivoirien pour préparer la jeunesse à jouer un rôle actif avant, pendant et après la présidentielle du 25 octobre 2025.
Depuis le 19 août, plus de 6 600 jeunes issus de 16 régions et des deux Districts autonomes d’Abidjan et Yamoussoukro suivent ces sessions pilotées par le ministère de la Cohésion nationale et celui de la Jeunesse. Objectif : les transformer en relais de paix capables de sensibiliser leurs communautés sur le civisme, la gestion pacifique des conflits et la lutte contre les discours de haine et la désinformation.
Le 22 août, une délégation du ministère, conduite par Mme Soro Mangoua Laurette, directrice générale du Programme national de cohésion sociale, s’est rendue à Jacqueville, Songon et Abobo pour superviser les formations. « Ce projet ne se limite pas à instruire les jeunes, explique-t-elle, il les responsabilise. Chacun d’eux devra relayer les messages appris à au moins dix personnes par semaine dans son entourage. »
Sur le terrain, les formateurs mesurent l’impact de ces sessions. Idrissa Coulibaly, directeur départemental de la Promotion de la jeunesse à Yopougon et Songon, explique : « Les jeunes doivent maîtriser les outils avant de rencontrer les communautés. Ils seront les vecteurs de messages justes qui renforcent la cohésion déjà présente dans le pays. » Même enthousiasme chez Edgard M’Bé, directeur régional à Grands-Ponts : « Nous voyons des jeunes motivés et prêts à s’engager pour que les habitants vivent dans un climat apaisé. »
Parmi les participants, les témoignages traduisent une prise de conscience. Yéli Maïmouna, d’Abobo, confie : « Grâce à cette formation, je peux convaincre ma communauté que l’élection n’est pas une guerre, mais un exercice démocratique. » Pour Jean-David Ebébé Shammah, leader de jeunesse à Jacqueville, « devenir ambassadeur de paix est un devoir. Je vais sensibiliser mes frères pour qu’ils restent unis et refusent toute action qui pourrait troubler la cohésion sociale. »
Les modules couvrent l’éducation civique, la prévention des conflits, les mécanismes d’alerte précoce, la lutte contre les rumeurs et les discours de haine, ainsi que des techniques de causeries éducatives. Les jeunes ont également été formés sur l’insertion professionnelle, afin que la paix rime avec développement durable.
À Abidjan, Jacqueville, dans le Gôh, le Cavally, le Guémon, le Lôh-Djiboua, le Tonkpi, le Haut-Sassandra, le Sud-Comoé, le Moronou et l’Iffou, des groupes de bénévoles s’apprêtent déjà à parcourir les quartiers et villages. Chaque formation se conclut par la remise d’attestations, symbole de la responsabilité qui leur est confiée : devenir les sentinelles de la paix, garantir que le scrutin de 2025 se déroule dans un climat de cohésion et rappeler que la jeunesse ivoirienne est un moteur d’unité et de démocratie.
LFL








