Ce vendredi 5 septembre 2025, la chaleur moite dâAbidjan nâa pas freinĂ© leur dĂ©termination. Dans une salle aux chaises serrĂ©es, dĂ©corĂ©e de pagnes aux couleurs vives, une cinquantaine de femmes se sont levĂ©es, dâune seule voix, pour porter un message qui dĂ©passe leurs appartenances politiques. Elles sont issues des rangs du PPA-CI et du PDCI, mais aujourdâhui, elles parlent au nom de toutes les mĂšres de CĂŽte dâIvoire.
Le silence sâest installĂ© dĂšs que Mme Odette NâZi, la porte-parole, sâest avancĂ©e au pupitre. Le regard droit, la voix posĂ©e, elle a entamĂ© sa dĂ©claration :
« En tant que mĂšres, sĆurs, Ă©pouses et citoyennes, nous ne pouvons rester silencieuses. Notre pays a assez souffert. Nous refusons que nos enfants soient encore les victimes de jeux politiques. »
Quelques femmes, dans lâassemblĂ©e, ont hochĂ© la tĂȘte, les lĂšvres serrĂ©es, comme pour retenir une Ă©motion encore vive, celle des crises passĂ©es.
La paix au cĆur de leur appel
Leurs voix se sont faites plus graves Ă lâĂ©vocation de la prĂ©sidentielle du 25 octobre. « La CĂŽte dâIvoire est Ă la croisĂ©e des chemins. Gouverner, ce nâest pas diviser, exclure ou imposer par la force. Gouverner, câest Ă©couter le peuple et respecter les lois de la RĂ©publique », a poursuivi Mme NâZi, sa main se levant comme pour marteler chacun de ses mots.
Un tonnerre dâapplaudissements a traversĂ© la salle. Certaines femmes se sont levĂ©es spontanĂ©ment, criant « paix ! paix ! », les poings serrĂ©s vers le ciel.
Justice et communauté internationale interpellées
Mais le message ne sâarrĂȘtait pas aux dirigeants ivoiriens. Les femmes ont aussi appelĂ© les juges Ă assumer leur rĂŽle avec intĂ©gritĂ© :
« La CĂŽte dâIvoire ne veut plus dâune crise Ă©lectorale nĂ©e dâune dĂ©cision de justice mal inspirĂ©e », a prĂ©venu la porte-parole.
Puis, dans une franchise assumĂ©e, Mme NâZi a lancĂ© un regard appuyĂ© vers les camĂ©ras : « La France doit se racheter. Cette fois-ci, quâelle choisisse le camp du peuple, de la vĂ©ritĂ© des urnes et de la paix durable. Ne sacrifiez plus nos vies sur lâautel des intĂ©rĂȘts gĂ©opolitiques. »
Un murmure parcourut la salle. Certaines femmes se sont prises par la main, dâautres ont laissĂ© Ă©chapper des larmes discrĂštes.
Des sentinelles de lâunitĂ© nationale
Elles nâont pas oubliĂ© dâinterpeller aussi les leaders religieux et coutumiers, appelĂ©s Ă jouer leur rĂŽle de mĂ©diateurs et de gardiens de lâunitĂ© nationale.
Enfin, dans un silence lourd, une militante ĂągĂ©e sâest avancĂ©e. Elle avait attachĂ© son foulard vert et blanc avec soin. Ses mains tremblaient lĂ©gĂšrement quand elle a pris le micro :
« Nous ne voulons plus pleurer nos enfants. Nous voulons voter, vivre, et bùtir en paix. »
Un instant suspendu. Puis la salle entiÚre a éclaté en applaudissements nourris, comme un serment collectif.
Ă un mois du scrutin, lâappel des femmes du Front commun PPA-CI et PDCI rĂ©sonne comme un avertissement, mais aussi comme une promesse : celle de dĂ©fendre la paix, coĂ»te que coĂ»te.
LFL







