À l’heure où la Côte d’Ivoire s’avance vers une élection présidentielle sous tension, le PDCI-RDA affine sa stratégie de résistance. Le 17 octobre, le parti de Tidjane Thiam a annoncé la nomination de Doho Simon et Yapo Yapo Calice comme porte-paroles adjoints, aux côtés de Traoré Bredoumy Soumaila, toujours en exil. Un geste à la fois symbolique et politique : il s’agit de redonner souffle à une parole d’opposition que le pouvoir tente de marginaliser.
Depuis plusieurs mois, la voix du PDCI résonne depuis l’étranger, où Bredoumy Soumaila dit s’être réfugié pour échapper à une « arrestation politique ». Son absence illustre la fragilité d’un espace démocratique qui se rétrécit à mesure que le régime d’Alassane Ouattara verrouille la scène publique. Face à cette situation, le parti historique choisit la riposte politique et médiatique.
Le député Doho Zonseloué Simon, figure de proue du groupe parlementaire PDCI, incarne ce ton sans concession. Il fustige une dérive autoritaire et un processus électoral « vicié », dénonçant la mise à l’écart de Tidjane Thiam et la répression des manifestations de l’opposition. Son verbe tranchant et sa stature institutionnelle font de lui un relais stratégique pour mobiliser l’opinion et rappeler que la démocratie ivoirienne ne se résume pas à un bulletin de vote, mais à un véritable pluralisme.
À ses côtés, Yapo Yapo Calice, ancien ministre et militant de terrain, apporte l’expérience et l’enracinement populaire. Sa nomination traduit la volonté du PDCI de renouer avec ses bases, celles qui font battre le cœur du parti depuis Félix Houphouët-Boigny.
Dans un contexte où les libertés publiques s’effritent et où l’opposition peine à se faire entendre, ces nominations apparaissent comme un acte de résistance politique. Elles visent à restaurer une voix claire et déterminée face à un pouvoir qui confond souvent stabilité et silence. Pour le PDCI, la bataille de 2025 ne se jouera pas seulement dans les urnes, mais aussi dans la reconquête de la parole démocratique.
LFL







