À quelques jours du scrutin présidentiel du 25 octobre, Assalé Tiémoko Antoine, député-maire de Tiassalé et fondateur du mouvement Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), a décidé de ne soutenir aucun candidat. Dans une déclaration rendue publique ce mardi 21 octobre, il justifie cette position par une conviction claire : l’élection est « verrouillée » et ne permet pas un choix véritablement libre.
Pour le mouvement, cette décision n’est pas un retrait, mais un acte de résistance civique. « Après une consultation de notre base militante, nous avons choisi de ne cautionner ni la mise en scène démocratique ni l’illusion d’un pluralisme de façade », a affirmé le secrétaire exécutif Roger Youan. L’ADCI appelle à un sursaut national et à l’organisation d’un dialogue franc entre toutes les forces vives du pays, afin d’éviter de nouveaux dérapages politiques.
Dans son communiqué, le mouvement dépeint un climat politique verrouillé et crispé : répression des manifestations, musellement de l’opposition, instrumentalisation des chefs traditionnels, et mobilisation de 44 000 hommes des forces de sécurité. « L’ombre de la peur plane sur cette élection, et la démocratie ne se nourrit pas de peur », souligne le texte.
Assalé Tiémoko, connu pour son indépendance et ses prises de position tranchées, reproche au pouvoir en place d’avoir transformé la conquête du pouvoir en une lutte d’intérêts au détriment du bien commun. L’ADCI dénonce une « confiscation de la souveraineté populaire » et un processus qui « divise plus qu’il ne rassemble ».
Le mouvement s’est également incliné devant la mémoire des victimes des récents affrontements à Bonoua, Daloa et Grand-Yapo, tout en saluant les enquêtes en cours. Il rappelle que « nul ne devrait mourir à cause de la politique », et condamne toutes les formes de violence, d’où qu’elles viennent.
À travers cette position courageuse, Assalé Tiémoko envoie un signal fort : celui d’un refus collectif d’accepter la fatalité démocratique. Son appel au dialogue se veut un dernier pont lancé au-dessus du fossé des divisions.
« Ce n’est pas en fermant les urnes qu’on ouvrira le cœur des Ivoiriens », conclut le communiqué, dans une formule lourde de sens à la veille d’une élection sous tension.
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