Réunis à Ouagadougou dans le cadre de la 13e Grande Commission mixte de coopération, le Burkina Faso et le Ghana ont signé sept instruments juridiques majeurs. Transports, sécurité, gestion des catastrophes et coopération transfrontalière figurent au cœur de ces nouveaux engagements destinés à dynamiser les relations bilatérales et à produire des impacts concrets pour les populations.
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans les relations entre le Burkina Faso et le Ghana. Vendredi, à Ouagadougou, les deux pays ont conclu sept instruments juridiques à l’occasion de la 13e Grande Commission mixte de coopération, traduisant une volonté commune de consolider leur partenariat stratégique.
La réunion ministérielle était coprésidée par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, et son homologue ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa. Les travaux ont abouti à la signature d’accords bilatéraux, d’un accord-cadre et de protocoles d’accord couvrant des domaines essentiels pour les deux États.
Transport, sécurité et gestion des crises au cœur des accords
Parmi les textes adoptés figure un accord de coopération en matière de transport et de transit. Cet instrument vise à faciliter la circulation des biens et des personnes entre les deux pays, à fluidifier les échanges commerciaux et à renforcer l’intégration régionale.
Un autre accord porte sur la reconnaissance mutuelle des permis de conduire nationaux. Cette mesure devrait simplifier la mobilité transfrontalière et réduire les contraintes administratives pour les citoyens burkinabè et ghanéens.
Les deux pays ont également signé un accord relatif à la prévention et à la gestion des catastrophes ainsi que des crises humanitaires. Face aux défis sécuritaires et climatiques auxquels la sous-région est confrontée, ce cadre de coopération entend renforcer la coordination des réponses d’urgence et améliorer la résilience des populations.
La lutte contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes constitue un autre axe majeur de la coopération renforcée. À travers cet accord, Ouagadougou et Accra affichent leur détermination à combattre les réseaux criminels transnationaux et à préserver la stabilité régionale.
Coopération transfrontalière et clarification des frontières
Au-delà des secteurs techniques, les deux États ont paraphé un accord-cadre de coopération transfrontalière. L’objectif est d’encourager le développement des zones frontalières, de promouvoir la coexistence pacifique et de stimuler les initiatives économiques locales.
Un protocole d’accord a également été signé pour la création d’une commission mixte paritaire chargée de la réaffirmation de la frontière commune. Cette démarche vise à consolider la sécurité juridique et à prévenir d’éventuels différends.
Par ailleurs, un autre protocole institue des cadres de concertation périodiques entre les autorités administratives frontalières des deux pays. Ces mécanismes devraient permettre une communication plus régulière et une meilleure coordination sur les questions sécuritaires et socio-économiques.
Un engagement politique au plus haut niveau
À l’issue des travaux, les deux chefs de la diplomatie ont salué les avancées enregistrées et rendu hommage à l’impulsion donnée par les présidents Ibrahim Traoré et John Dramani Mahama.
Pour Karamoko Jean Marie Traoré, ces sept instruments ne relèvent pas d’un simple exercice diplomatique. « Ils constituent des leviers opérationnels, des mécanismes concrets et des outils d’impact pour nos économies et pour nos populations », a-t-il affirmé. Selon lui, ces accords traduisent un leadership convergent et une vision partagée entre Ouagadougou et Accra.
De son côté, Samuel Okudzeto Ablakwa a réitéré le soutien indéfectible du Ghana au Burkina Faso. Il a salué la qualité des échanges et insisté sur la nécessité de traduire ces engagements en actions concrètes.
Des retombées attendues pour les populations
Les deux délégations se sont engagées à assurer une mise en œuvre effective des accords signés. L’objectif affiché est que les retombées soient perceptibles dans le quotidien des citoyens, notamment en matière de mobilité, de sécurité et de développement économique.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et économiques majeurs. Le renforcement de la coopération bilatérale apparaît ainsi comme un levier stratégique pour consolider la stabilité et stimuler la croissance.
La 14e Grande Commission mixte de coopération est d’ores et déjà prévue en 2028, sur le territoire ghanéen. D’ici là, les deux pays entendent transformer ces engagements juridiques en résultats tangibles, confirmant ainsi la solidité de l’axe Ouagadougou-Accra et leur volonté commune de bâtir un partenariat durable au service de leurs peuples.
Ljp







