Un forum d’affaires Mali–Afrique du Sud se tiendra en avril 2026 à Bamako avec l’ambition de diversifier une coopération encore largement centrée sur le secteur minier. Les autorités maliennes souhaitent attirer des investissements dans l’industrie, le textile et l’agro-transformation afin de renforcer la création de valeur locale et d’ouvrir de nouvelles opportunités économiques.
Bamako s’apprête à accueillir en avril 2026 le forum économique Mali–Afrique du Sud, une rencontre destinée à renforcer les partenariats entre opérateurs économiques des deux pays. L’initiative vise à dépasser la structure actuelle des échanges, dominée par l’exploitation minière, pour explorer de nouveaux secteurs stratégiques.
L’annonce a été faite à la suite d’une audience entre le ministre malien de l’Industrie et du Commerce et la chargée d’affaires de l’ambassade de l’Afrique du Sud au Mali. Les autorités maliennes espèrent mobiliser une délégation d’investisseurs sud-africains afin de favoriser des partenariats directs et d’identifier des projets concrets.
Une coopération économique à repenser
Les relations commerciales entre Bamako et Pretoria sont déjà importantes, mais elles reposent sur un modèle classique d’échanges.
Les exportations maliennes vers l’Afrique du Sud ont atteint environ 1,82 milliard de dollars en 2023, selon les données de Trading Economics basées sur la base UN Comtrade. Elles sont principalement constituées de métaux et de pierres précieuses, confirmant la centralité du secteur minier.
Les importations maliennes en provenance d’Afrique du Sud s’élèvent à près de 103,77 millions de dollars. Elles concernent majoritairement des machines, équipements industriels et produits manufacturés.
Ce déséquilibre illustre une dépendance aux matières premières, que Bamako souhaite désormais réduire en favorisant une coopération plus diversifiée.
Vers une économie à plus forte valeur ajoutée
Pour les autorités maliennes, le forum d’avril doit servir de levier stratégique. L’objectif est de stimuler des investissements dans des secteurs capables de générer davantage de valeur ajoutée locale.
Le textile figure parmi les pistes prioritaires. Le Mali est l’un des principaux producteurs de coton en Afrique, mais la transformation locale reste limitée. Développer une industrie textile pourrait permettre de capter une plus grande part de la chaîne de valeur.
L’agro-transformation constitue également un axe de diversification. Le pays dispose d’un potentiel agricole important, mais une grande partie de la production est exportée sans transformation. La mise en place d’unités industrielles pourrait renforcer la souveraineté alimentaire et créer des emplois.
L’industrie pharmaceutique est un autre secteur évoqué par Bamako. Dans un contexte où la production locale de médicaments reste marginale, des partenariats pourraient contribuer à améliorer l’accès aux soins et à réduire la dépendance aux importations.
Un cadre structuré pour attirer les investisseurs
Afin de garantir l’efficacité du forum, les autorités maliennes ont désigné un point focal au sein du ministère de l’Industrie et du Commerce. Cette cellule aura pour mission de coordonner les préparatifs et de faciliter les échanges entre entreprises.
L’approche privilégie des rencontres sectorielles ciblées plutôt que de simples déclarations d’intention. L’objectif est de déboucher sur des accords concrets et des projets opérationnels.
Cette stratégie reflète une volonté de professionnaliser la diplomatie économique malienne. Bamako cherche à se positionner comme un partenaire fiable et capable d’offrir un environnement propice aux investissements.
Un contexte de concurrence régionale
Le forum intervient dans un environnement où plusieurs pays africains rivalisent pour attirer les capitaux étrangers et développer la transformation locale de leurs ressources.
Dans ce contexte, le Mali mise sur ses atouts : ressources naturelles, position géographique stratégique et potentiel agricole. L’Afrique du Sud, première économie industrialisée du continent, peut jouer un rôle clé en apportant son expertise dans les domaines industriel et logistique.
Pour Pretoria, le Mali représente également une opportunité d’accès à de nouveaux marchés en Afrique de l’Ouest. Les entreprises sud-africaines disposent d’un savoir-faire reconnu qui pourrait contribuer à la modernisation de certains secteurs maliens.
Des défis à surmonter
Malgré ces perspectives, plusieurs obstacles demeurent. Le climat des affaires, les infrastructures et la stabilité réglementaire constituent des facteurs déterminants pour les investisseurs.
Les autorités maliennes sont conscientes de ces enjeux et affirment leur volonté d’améliorer l’environnement économique. La diversification des partenariats est présentée comme un moyen de renforcer la résilience du pays face aux chocs extérieurs.
L’enjeu ne se limite pas à l’augmentation des échanges commerciaux. Il s’agit de transformer la structure de l’économie pour la rendre plus productive et moins dépendante des matières premières.
Un test pour la coopération bilatérale
Le forum économique Mali–Afrique du Sud 2026 sera un test pour la coopération bilatérale. S’il permet de déboucher sur des projets concrets, il pourrait marquer une étape importante dans la diversification des relations entre Bamako et Pretoria.
À l’inverse, un résultat limité renforcerait l’idée que la coopération reste centrée sur le secteur minier, sans véritable transformation structurelle.
Pour les autorités maliennes, l’objectif est clair : bâtir une relation économique plus équilibrée, capable de générer des emplois et de soutenir le développement à long terme.
Le forum d’avril constituera donc un rendez-vous stratégique, à la fois pour les investisseurs et pour la diplomatie économique malienne, qui cherche à ouvrir un nouveau chapitre fondé sur l’innovation et la diversification.
Lfl









