FIIB 2026: À Ouagadougou, le Burkina Faso appelle à moderniser en profondeur les Bourses africaines

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À l’ouverture du Forum international sur l’investissement boursier (FIIB), le ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a plaidé pour une refonte ambitieuse des marchés financiers africains. Numérisation, inclusion et crédibilité macroéconomique doivent, selon lui, permettre aux places boursières du continent de devenir de véritables instruments de financement des États et du secteur privé.

Les marchés boursiers africains sont à la croisée des chemins. À Ouagadougou, la troisième édition du Forum international sur l’investissement boursier (FIIB) a servi de tribune à un appel appuyé en faveur d’une transformation structurelle des places financières du continent.

Organisée par la Société de gestion et d’intermédiation SA2IF, la rencontre, prévue les 25 et 26 février 2026, est placée sous le thème : « Innover pour attirer : repenser les marchés boursiers africains à l’ère de la finance numérique ». Elle réunit responsables publics, régulateurs, experts et acteurs du secteur privé autour d’un même objectif : renforcer l’attractivité et la performance des marchés financiers africains.

Mobiliser les ressources internes

Dans son allocution d’ouverture, le ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso, Dr Aboubakar Nacanabo, a mis en avant un constat largement partagé : l’Afrique fait face à un déficit annuel de financement des infrastructures estimé à plus de 100 milliards de dollars.

Pour lui, les marchés financiers peuvent contribuer à combler une partie de ce manque, à condition d’évoluer en profondeur. Les États africains doivent pouvoir mobiliser davantage de ressources sur leurs marchés domestiques, sans dépendre systématiquement des bailleurs extérieurs.

« Nos marchés doivent devenir de véritables instruments de financement des États africains », a-t-il affirmé, soulignant que cette ambition suppose des réformes structurelles et un changement de perception.

Rompre avec l’image élitiste

L’un des défis majeurs réside dans l’image des marchés boursiers, souvent perçus comme réservés à une élite d’investisseurs institutionnels. Pour Dr Nacanabo, il est impératif d’élargir la base des acteurs.

La finance numérique apparaît comme une opportunité stratégique. Dématérialisation des opérations, plateformes d’investissement en ligne, outils digitaux de suivi des transactions : ces innovations peuvent faciliter l’accès des citoyens et des petites entreprises aux marchés financiers.

La numérisation accélérée pourrait également améliorer la transparence et réduire les coûts de transaction, rendant les marchés plus compétitifs à l’échelle internationale.

Intégration régionale et synergies

Un panel de haut niveau, modéré par l’ancien Premier ministre burkinabè Tertius Zongo, a permis d’approfondir ces questions. Les échanges ont associé le ministre burkinabè, un commissaire de l’Union economique et monetaire ouest africaine** (Uemoa) et le président du Fonds africain de garantie et de cooperation economique** (FAGACE).

Les intervenants ont souligné l’importance de l’intégration régionale. L’interconnexion des marchés africains permettrait d’accroître leur taille, d’améliorer leur liquidité et d’attirer davantage d’investissements.

Dans un contexte de concurrence accrue entre places financières mondiales, la mutualisation des ressources et des cadres réglementaires constitue un levier stratégique pour renforcer la compétitivité du continent.

L’éducation financière comme priorité

Les débats ont également mis en lumière la nécessité de renforcer l’éducation financière. Sans une meilleure compréhension des mécanismes boursiers, la participation des populations restera limitée.

Former les épargnants, sensibiliser les jeunes entrepreneurs et accompagner les PME vers les marchés financiers figurent parmi les pistes évoquées pour démocratiser l’investissement.

Une régulation adaptée et harmonisée est également indispensable pour sécuriser les transactions et protéger les investisseurs.

La confiance avant la technologie

Si la transformation numérique est au cœur des discussions, le ministre burkinabè a tenu à rappeler que la technologie ne peut se substituer aux fondamentaux économiques.

« Aucun algorithme ne peut remplacer la confiance », a-t-il insisté. Pour lui, la crédibilité budgétaire et la stabilité macroéconomique demeurent les piliers de l’attractivité des économies africaines.

La transparence dans la gestion des finances publiques, la fiabilité des statistiques économiques et la discipline budgétaire constituent des signaux déterminants pour les investisseurs.

La digitalisation peut améliorer l’efficacité des marchés, mais elle ne saurait compenser des faiblesses en matière de gouvernance.

Une ambition continentale

La troisième édition du FIIB intervient dans un contexte où les économies africaines cherchent à diversifier leurs sources de financement et à renforcer leur souveraineté économique.

Pour le Burkina Faso et ses partenaires régionaux, le développement de marchés financiers robustes et inclusifs représente un enjeu stratégique majeur.

Les recommandations issues des travaux du forum devraient contribuer à définir une feuille de route pour moderniser les places boursières africaines, encourager l’innovation et renforcer la coopération régionale.

À Ouagadougou, le message est clair : l’Afrique doit adapter ses marchés financiers aux exigences de l’ère numérique. La transformation en profondeur des Bourses du continent apparaît désormais comme une condition essentielle pour financer durablement le développement et soutenir la croissance économique.

Lfl

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