Le Conseil du Café-Cacao a officialisé, ce mercredi 4 mars 2026, le nouveau prix bord champ du cacao pour la campagne intermédiaire 2026 en Côte d’Ivoire. Le kilogramme est désormais fixé à 1 200 FCFA pour la période allant de mars à août, contre 2 800 FCFA lors de la campagne principale.
Cette baisse de 1 600 FCFA/kg intervient dans un climat de tension marqué par un important stock de fèves invendues et par la correction des cours mondiaux du cacao.
Une décision dictée par la baisse des cours internationaux
Lors de l’ouverture de la campagne principale en octobre, le prix de 2 800 FCFA/kg avait été salué par les producteurs. Cependant, plusieurs observateurs estiment que ce niveau était difficilement soutenable, alors que les cours mondiaux amorçaient déjà un repli.
Sur le marché international, les prix sont passés d’environ 5 000 FCFA/kg à près de 3 800 FCFA/kg. Cette évolution a fragilisé les exportateurs, qui se retrouvaient confrontés à un différentiel important entre le prix d’achat local et les conditions de vente à l’étranger.
Dans ce contexte, les achats ont ralenti, entraînant l’accumulation de plus de 100 000 tonnes de cacao qualifiées de « stocks résiduels » par les autorités. Une situation qui a mis sous pression la chaîne logistique ivoirienne.
100 000 tonnes de stocks en cours de résorption
Face aux inquiétudes croissantes des producteurs, le président de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA), Siaka Diakité, a assuré que l’évacuation des stocks est en bonne voie.
Selon les chiffres communiqués, sur les 100 000 tonnes inventoriées en janvier, 12 000 tonnes ont déjà été déchargées et 16 000 tonnes supplémentaires sont en cours de validation par le Conseil du Café-Cacao.
Les autorités affirment que le processus est engagé pour éviter une paralysie du système et rétablir la fluidité des transactions dans la filière cacao.
Un prix garanti à faire respecter
Avec l’ouverture de la campagne intermédiaire 2026, le régulateur a rappelé que le prix de 1 200 FCFA/kg constitue un minimum obligatoire. Tout achat en dessous de ce seuil est strictement interdit par la réglementation en vigueur.
Dans un environnement marqué par la volatilité des cours internationaux, le défi pour les autorités ivoiriennes est double : préserver les revenus des producteurs tout en réalignant le prix interne sur les réalités du marché mondial.
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire doit désormais gérer cette phase de transition avec prudence. La réussite de la campagne intermédiaire dépendra à la fois du respect du prix fixé et de la capacité à résorber totalement les stocks accumulés.
La nouvelle grille tarifaire traduit ainsi une volonté d’adaptation aux contraintes du marché, tout en maintenant un cadre réglementaire strict pour assurer la stabilité de la filière cacao ivoirienne.
Lfl









