Le gouvernement ivoirien a officiellement lancé, ce jeudi 7 mai 2026 à Abidjan, le forum « Diaspora for Growth 2026 », une initiative ambitieuse destinée à renforcer la contribution économique des Ivoiriens vivant à l’étranger. Piloté par le ministère délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, ce programme vise à transformer la diaspora en véritable levier d’investissement productif au service du développement national.
La cérémonie de lancement a réuni des membres du gouvernement, des représentants du secteur privé ainsi que des acteurs de la diaspora. À cette occasion, les autorités ont dévoilé un dispositif articulé autour de deux grands rendez-vous internationaux : un roadshow prévu le 6 juin à Milan, en Italie, et le forum principal programmé les 26 et 27 juin à Paris, en France.
Une stratégie pour orienter les fonds vers l’investissement
À travers ces rencontres, l’État entend créer un cadre structuré permettant aux Ivoiriens de l’extérieur d’accéder à des informations fiables, des mécanismes sécurisés et des opportunités concrètes d’investissement en Côte d’Ivoire.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso, a insisté sur le rôle désormais stratégique de la diaspora dans l’économie nationale. Il a rappelé que les transferts de fonds des Ivoiriens de l’étranger sont passés de 99,5 milliards de FCFA en 2008 à environ 840 milliards de FCFA en 2024, soit une hausse de plus de 540 % en quinze ans.
« Aujourd’hui, ces flux dépassent plusieurs programmes sectoriels d’aide publique au développement et constituent une source majeure de financement de notre économie », a-t-il souligné.
Du soutien familial à l’investissement productif
Malgré cette progression, une grande partie de ces ressources continue d’être orientée vers des dépenses de consommation, notamment le soutien aux familles, la santé, l’éducation ou l’immobilier. Une situation que les autorités souhaitent faire évoluer.
L’objectif affiché est clair : orienter une part plus importante de ces flux vers des projets productifs capables de générer des emplois et de soutenir la croissance. Le gouvernement estime ainsi que la diaspora pourrait mobiliser plus de 600 milliards de FCFA par an pour des investissements structurants, en plus de son apport en compétences dans des secteurs clés comme la santé, le numérique, la finance, l’ingénierie ou la recherche.
Un cadre de réformes pour rassurer les investisseurs
Dans cette dynamique, Adama Dosso a mis en avant les réformes engagées dans le cadre du Plan national de développement 2026-2030. Parmi celles-ci figurent l’amélioration du climat des affaires, la modernisation du code des investissements, la digitalisation des services publics et la mise en place de dispositifs spécifiques pour faciliter l’investissement de la diaspora.
Ces mesures visent à renforcer la confiance et à simplifier les démarches pour les Ivoiriens de l’extérieur souhaitant investir dans leur pays d’origine.
Une diaspora appelée à devenir un acteur central
Représentant la ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le ministre N’guessan Koffi a salué une initiative qui s’inscrit dans une nouvelle vision des relations entre l’État et sa diaspora. Selon lui, il s’agit de faire de celle-ci un acteur majeur de l’investissement productif, du transfert de compétences et de l’innovation.
La cérémonie de lancement a également été marquée par un panel de haut niveau, ayant permis d’esquisser les premières pistes de collaboration entre institutions publiques, secteur privé et diaspora.
Vers une nouvelle phase de partenariat économique
Avec « Diaspora for Growth 2026 », les autorités ivoiriennes entendent ouvrir une nouvelle étape dans leur relation avec les Ivoiriens de l’extérieur, fondée sur la co-construction et le développement partagé.
Reste désormais à transformer cette ambition en résultats concrets, dans un contexte où la mobilisation durable des ressources de la diaspora apparaît comme un enjeu stratégique pour la croissance et la transformation économique de la Côte d’Ivoire.
Lfl









