La Côte d’Ivoire vient de franchir une étape décisive dans la consolidation de sa gouvernance numérique. Ce jeudi 7 mai 2026, la Cour d’Appel d’Abidjan a servi de cadre à une cérémonie solennelle hautement symbolique : la prestation de serment du président et des membres du tout nouveau Conseil de Régulation de l’Autorité de Régulation des Télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI).
À travers cette installation officielle, l’État ivoirien affiche clairement son ambition : renforcer l’encadrement du secteur des télécommunications, moderniser la régulation et adapter ses institutions aux défis d’une économie de plus en plus digitalisée.
Roger Félix Adom, premier visage d’une nouvelle gouvernance
Point central de cette cérémonie, Roger Félix Adom a prêté serment en tant que premier président du Conseil de Régulation de l’ARTCI. Investi pour un mandat unique de six ans, non renouvelable, il hérite d’une responsabilité stratégique dans un secteur désormais au cœur de la compétitivité économique, de l’innovation et de la souveraineté technologique.
Son arrivée à la tête de cette nouvelle instance marque l’ouverture d’un cycle où la régulation ne se limite plus à l’administration technique, mais s’inscrit dans une vision plus large : garantir un espace numérique plus transparent, plus compétitif et mieux protégé.
Une cérémonie marquée par la présence des hautes autorités
L’importance de cette nouvelle architecture institutionnelle s’est reflétée dans la qualité des personnalités présentes. Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, Kandia Camara, présidente du Sénat, ainsi que Djibril Ouattara, ministre de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, ont honoré de leur présence cette cérémonie, signe de l’enjeu national que représente désormais le numérique.
Une réponse aux grandes mutations du secteur
La mise en place du Conseil de Régulation de l’ARTCI intervient dans un contexte de profondes transformations : explosion de la connectivité, digitalisation croissante des services, montée des enjeux de cybersécurité, multiplication des litiges entre opérateurs et consommateurs, mais aussi exigences accrues en matière de transparence.
Face à cette nouvelle réalité, l’institution aura plusieurs missions clés :
- lutter contre la corruption dans le secteur,
- garantir une régulation moderne et efficace,
- assurer une concurrence loyale,
- protéger les droits des usagers,
- arbitrer les différends,
- et promouvoir une économie numérique durable.
Vers un secteur plus juste et plus sécurisé
Pour les autorités, il ne s’agit pas seulement de superviser les télécommunications, mais de bâtir un environnement numérique de confiance, capable de soutenir les ambitions de croissance de la Côte d’Ivoire.
Dans un monde où les infrastructures numériques sont devenues aussi stratégiques que les infrastructures physiques, la réforme de l’ARTCI apparaît comme un instrument central de modernisation de l’État.
Un signal fort envoyé aux opérateurs
L’installation de cette nouvelle instance constitue également un message clair à l’ensemble des acteurs du secteur : la performance économique devra désormais aller de pair avec le respect rigoureux des normes, de l’éthique et de la protection des consommateurs.
Les opérateurs télécoms, fournisseurs de services et autres acteurs de l’écosystème numérique évolueront ainsi dans un cadre institutionnel renforcé, où la régulation se veut plus exigeante.
La Côte d’Ivoire muscle sa souveraineté numérique
Au-delà du secteur télécom, cette prestation de serment traduit une ambition plus large : celle de bâtir une souveraineté numérique ivoirienne, capable d’accompagner la transformation du pays et de sécuriser ses intérêts dans l’économie digitale mondiale.
Avec Roger Félix Adom à la tête du Conseil de Régulation, la Côte d’Ivoire entre ainsi dans une nouvelle phase de son histoire numérique : celle d’une gouvernance plus structurée, plus ambitieuse et résolument tournée vers l’avenir.
Dina Light









