La Côte d’Ivoire et l’Algérie donnent une nouvelle dimension à leur coopération bilatérale avec la signature, mardi 30 juin 2026 à Abidjan, d’un accord-cadre dans les secteurs de l’énergie et des énergies renouvelables. Paraphé par le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, et son homologue algérien, Dr Mourad Adjal, cet accord ouvre la voie à plusieurs projets structurants destinés à renforcer durablement les capacités énergétiques ivoiriennes.
Fruit de plusieurs semaines de discussions techniques entre les deux pays, ce partenariat combine des actions d’urgence pour soutenir le réseau électrique national et des investissements de long terme destinés à accompagner la croissance économique de la Côte d’Ivoire.
Un appui immédiat au réseau électrique
Le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly a expliqué que les premières mesures prévues permettront de répondre rapidement aux besoins du réseau électrique ivoirien.
L’accord prévoit notamment le déploiement de groupes mobiles de production d’électricité d’une capacité totale de 100 mégawatts (MW) afin de renforcer l’offre énergétique dans les meilleurs délais.
Les deux pays ont également convenu de collaborer à la modernisation des infrastructures électriques, avec la construction de lignes à haute tension de 225 kV et 400 kV, indispensables à l’amélioration du transport de l’électricité sur l’ensemble du territoire.
Le partenariat comprend aussi la fourniture d’équipements stratégiques destinés aux réseaux de distribution ainsi que de matériels spécialisés pour la détection rapide des anomalies sur les câbles électriques souterrains.
Des investissements structurants pour l’avenir
Au-delà des actions immédiates, l’accord fixe des objectifs ambitieux à moyen et long termes.
La Côte d’Ivoire envisage notamment l’acquisition d’unités de production fabriquées en Algérie pour la construction d’une centrale électrique de 1 500 MW, un projet qui contribuerait à renforcer considérablement les capacités nationales de production.
Les deux gouvernements souhaitent également développer une véritable coopération industrielle avec l’installation d’unités de fabrication de matériels électriques et la création de plateformes régionales destinées à la commercialisation d’équipements énergétiques.
Miser sur les compétences locales
Le développement des ressources humaines constitue un autre pilier majeur de ce partenariat.
L’accord prévoit un vaste programme de formation et de transfert de technologie destiné aux ingénieurs et techniciens ivoiriens afin de renforcer leurs compétences dans les métiers de la production, du transport et de la distribution de l’électricité.
Pour Mamadou Sangafowa-Coulibaly, cette coopération dépasse largement le cadre des infrastructures.
« En réunissant l’expertise de nos deux pays, nous construisons les bases d’un partenariat stratégique africain capable d’accompagner durablement les ambitions énergétiques de la Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré.
Une coopération Sud-Sud renforcée
De son côté, le ministre algérien Dr Mourad Adjal a qualifié cet accord de nouvelle étape dans les relations entre Alger et Abidjan.
Il a souligné que le document constitue désormais le cadre juridique qui encadrera l’ensemble des projets de coopération dans les domaines de l’énergie conventionnelle, des énergies renouvelables et des infrastructures électriques.
Selon lui, l’Algérie est disposée à partager son expertise technique, industrielle et technologique afin d’accompagner la Côte d’Ivoire dans le renforcement de son système énergétique.
Un partenariat au service du développement
Les deux ministres ont rappelé que cet accord est le résultat de missions techniques croisées menées ces dernières semaines entre Abidjan et Alger. Ces échanges ont permis d’identifier les besoins prioritaires et de définir des projets concrets répondant aux défis énergétiques actuels et futurs.
En consolidant leur coopération dans un secteur aussi stratégique, la Côte d’Ivoire et l’Algérie affichent leur volonté de promouvoir une coopération africaine fondée sur le partage des compétences, l’industrialisation et le développement d’infrastructures modernes.
À terme, ce partenariat devrait contribuer à améliorer l’accès à une électricité fiable, soutenir l’industrialisation, renforcer la compétitivité économique et accompagner les ambitions de croissance de la Côte d’Ivoire, tout en illustrant le potentiel des partenariats Sud-Sud au service du développement du continent.
Lfl








