Côte d’Ivoire : après le FMI, le véritable test économique commence pour Ouattara

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Le passage de relais entre Aminata Touré et le président Alassane Ouattara, à l’issue de la mission de la représentante résidente du Fonds monétaire international (FMI), intervient sur fond de bilan jugé particulièrement favorable du programme économique 2023-2026. Mais derrière les indicateurs macroéconomiques, une question demeure : comment transformer cette stabilité financière en amélioration durable du niveau de vie des Ivoiriens ?

L’audience accordée mardi 8 septembre 2026 par Alassane Ouattara à Aminata Touré dépasse, à première vue, le simple cadre protocolaire d’une fin de mission. Elle intervient au terme d’un programme triennal du FMI dont la représentante résidente a dressé un bilan particulièrement positif.

Selon Aminata Touré, les principaux déséquilibres macroéconomiques observés au début du programme ont été résorbés. Le déficit budgétaire est revenu dans la limite de 3 % du PIB et le risque de surendettement de la Côte d’Ivoire est passé d’un niveau modéré à un niveau considéré comme faible.

Ces résultats constituent, selon elle, un « franc succès », avec une performance que « très peu de pays de la sous-région » auraient atteinte sur la même période.

Une victoire pour la crédibilité financière

Pour le pouvoir ivoirien, ce bilan constitue d’abord un signal important adressé aux marchés, aux investisseurs et aux partenaires internationaux.

La maîtrise du déficit et l’amélioration de la situation liée au risque de surendettement renforcent la crédibilité financière de l’État. Dans un environnement international marqué par le renchérissement du financement et la pression exercée sur les finances publiques de nombreux pays africains, conserver une trajectoire budgétaire maîtrisée constitue un avantage stratégique.

C’est également un argument en faveur de la politique économique conduite depuis plusieurs années par Alassane Ouattara, fondée notamment sur les investissements, les infrastructures, l’attractivité économique et la recherche d’une croissance soutenue.

Mais un indicateur macroéconomique favorable ne constitue pas, à lui seul, une réponse à toutes les préoccupations économiques et sociales.

Le prochain défi : transformer les chiffres en réalité quotidienne

C’est probablement là que se situe le véritable enjeu de l’après-FMI.

Une réduction du déficit budgétaire ou une amélioration du risque de surendettement est importante pour la stabilité économique. Mais pour les ménages, les questions sont différentes : pouvoir d’achat, emploi, coût de la vie, accès au logement, qualité des services publics, santé, éducation et perspectives offertes à la jeunesse.

La réussite d’un programme économique ne se mesure donc pas uniquement à la solidité des comptes publics. Elle se mesure également à la capacité de cette stabilité à produire davantage d’opportunités et à réduire les vulnérabilités sociales.

Autrement dit, la stabilisation macroéconomique peut être considérée comme une étape ; elle ne constitue pas l’objectif final.

Ouattara face au défi de la croissance inclusive

La fin de la mission d’Aminata Touré ouvre ainsi une nouvelle séquence pour le gouvernement ivoirien.

L’enjeu sera désormais de maintenir les équilibres budgétaires tout en finançant les priorités sociales et économiques du pays. Il faudra également préserver la capacité d’investissement de l’État sans recréer les déséquilibres que le programme du FMI a contribué à corriger.

La question est d’autant plus importante que la Côte d’Ivoire entend conserver son statut de locomotive économique de l’UEMOA.

Pour y parvenir durablement, la croissance devra continuer à être accompagnée par la transformation structurelle de l’économie, la création d’emplois, le développement du secteur privé et une meilleure redistribution des opportunités.

Le FMI quitte la scène, la responsabilité reste à Abidjan

Le bilan présenté par Aminata Touré constitue donc une bonne nouvelle pour la Côte d’Ivoire sur le plan macroéconomique. Mais il ne doit pas être interprété comme un aboutissement.

Le véritable test commence maintenant : maintenir la discipline financière sans sacrifier les ambitions de développement et faire en sorte que les performances économiques se traduisent davantage dans la vie quotidienne des populations.

Pour Alassane Ouattara et son gouvernement, le défi n’est plus seulement de convaincre les institutions financières internationales de la solidité de la trajectoire ivoirienne. Il est désormais de démontrer que cette solidité peut produire une croissance durable, créatrice d’emplois et suffisamment inclusive pour bénéficier au plus grand nombre.

Lfl

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