Le Mali dispose d’un portefeuille conséquent de financements de la Banque mondiale. Mais derrière les 1,8 milliard de dollars annoncés dans le cadre de partenariat 2026-2031 se joue une question beaucoup plus déterminante : Bamako parviendra-t-il à transformer ces engagements en infrastructures, services publics et gains de productivité réellement visibles ?
C’est tout l’enjeu de la rencontre entre le Premier ministre Abdoulaye Maïga et Nicola Pontara, nouveau directeur de division de la Banque mondiale pour le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.
La demande formulée par le chef du gouvernement est claire : accélérer les procédures de mise en œuvre des projets déjà financés. Autrement dit, le problème ne réside pas uniquement dans la mobilisation des ressources, mais dans la capacité à les exécuter efficacement.
Le portefeuille 2026-2031 représente précisément 1,803 milliard de dollars, dont 1,309 milliard destiné aux opérations nationales et 494 millions aux programmes régionaux. Pourtant, environ 1,217 milliard restait encore à décaisser lors de l’établissement du portefeuille. Cette situation rappelle une réalité souvent moins visible que l’annonce de nouveaux financements : un financement approuvé ne produit aucun impact tant qu’il n’est pas effectivement exécuté.
Les secteurs retenus par Bamako: capital humain, énergie et agriculture, sont particulièrement stratégiques. Ils touchent directement aux conditions de vie, à la production économique et à la capacité du pays à renforcer son autonomie.
Le financement de 150 millions de dollars consacré aux services essentiels de santé et d’éducation illustre cette logique. Le projet doit notamment bénéficier à 2,3 millions de personnes dans le secteur de la santé et contribuer au soutien de plus d’un million d’élèves.
L’énergie constitue un autre point critique. Le financement supplémentaire de 35 millions de dollars destiné au secteur électrique traduit l’importance de disposer d’une énergie plus fiable pour soutenir les ménages comme l’activité économique.
Mais le principal obstacle demeure sécuritaire. Dans certaines zones, l’insécurité complique le déplacement des équipes, le contrôle des chantiers et l’acheminement des équipements.
Le défi de Bamako est donc désormais celui de l’exécution. Avec la Banque mondiale, l’enjeu ne sera pas seulement de mobiliser davantage de ressources, mais de démontrer que chaque financement peut produire des résultats mesurables sur le terrain.
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