Le déplacement du chef de l’armée soudanaise Abdel Fattah al-Burhan à New York a été reporté après que son visa américain n’a pas été délivré. L’affaire intervient alors que Washington pousse pour une trêve dans la guerre qui oppose depuis 2023 l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (RSF).
Président du Conseil de souveraineté de transition et chef des Forces armées soudanaises, al-Burhan devait représenter personnellement son pays à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il n’a finalement pas pu effectuer le déplacement, son visa n’ayant pas été délivré à temps.
Selon des sources soudanaises et diplomatiques citées par Reuters, Washington aurait lié la délivrance du visa à l’acceptation par al-Burhan d’une proposition américaine prévoyant une trêve de 90 jours. Khartoum s’y oppose, considérant qu’une telle pause pourrait donner aux RSF l’occasion de se réorganiser militairement.
Le dossier porté devant l’ONU
Face au blocage, le Soudan a saisi les Nations Unies. Dans une lettre adressée au secrétaire général Antonio Guterres, l’ambassadeur soudanais Al-Harith Idriss a demandé une intervention afin que le visa soit délivré au chef de la délégation soudanaise et à ses accompagnateurs.
Le Secrétariat de l’ONU a confirmé avoir soulevé la question auprès des autorités américaines. Selon Stéphane Dujarric, porte-parole d’Antonio Guterres, le secrétaire général s’est déclaré « profondément préoccupé » par l’absence de visa.
L’épisode dépasse ainsi la seule question administrative. Il intervient au moment où Washington cherche à maintenir une pression diplomatique sur les protagonistes du conflit soudanais.
Washington garde ses distances avec les deux camps
Les États-Unis n’ont pas publiquement confirmé que le visa d’al-Burhan était conditionné à l’acceptation de la trêve. Le département d’État a par ailleurs indiqué que ni l’armée soudanaise ni les RSF ne représentent, selon Washington, une gouvernance constitutionnelle légitime du pays.
Depuis avril 2023, les deux forces s’affrontent pour le contrôle du Soudan. Plusieurs initiatives diplomatiques tentent toujours d’obtenir une cessation des hostilités et l’ouverture de négociations.
En l’absence d’al-Burhan, la délégation soudanaise à New York est conduite par le ministre des Affaires étrangères, Mohieldin Salem.
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