Excédées par la hausse répétée des prix du poisson, des commerçantes et d’autres femmes ont manifesté le mercredi 21 octobre 2026 à Daloa, dans le Haut-Sassandra. La colère a conduit à des incursions dans plusieurs chambres froides et à des dégradations signalées. Saisi de la situation, le préfet Yacouba Doumbia a appelé au calme et annoncé des mesures d’investigation.
La hausse du prix du poisson devient une source de vives tensions à Daloa. Dans la matinée du mercredi 21 octobre, des commerçantes de poisson, rejointes par d’autres femmes, ont investi plusieurs chambres froides pour dénoncer l’augmentation des prix d’approvisionnement, qu’elles jugent incompatible avec la poursuite normale de leurs activités.
La manifestation a pris une tournure tendue lorsque les protestataires ont tenté d’empêcher les responsables des établissements concernés de poursuivre leurs opérations. Des actes de dégradation ont également été signalés. Cette mobilisation traduit le mécontentement de commerçantes qui disent ne plus parvenir à maintenir leur activité dans les conditions actuelles.
Des prix qui étranglent les commerçantes
Lago Liliane, présidente des femmes commerçantes, dénonce une progression des prix qui fragilise leurs revenus et complique l’accès au poisson pour les consommateurs.
« Si vous voyez toutes ces femmes qui se manifestent, c’est parce que nous sommes fatiguées. Chaque jour, le prix du poisson augmente », a-t-elle expliqué.
Pour illustrer l’ampleur du problème, elle cite notamment le poisson Apolo, dont le prix serait passé de 19 000 à 35 000 FCFA, et le Sosso, qui serait passé de 18 000 à 46 000 FCFA.
Ces augmentations, selon les manifestantes, réduisent leurs marges commerciales et menacent la clientèle. Pour les ménages, elles représentent également une pression supplémentaire sur le budget alimentaire, le poisson occupant une place importante dans les habitudes de consommation.
Les chambres froides contestent leur responsabilité
Les responsables des chambres froides rejettent l’idée selon laquelle ils seraient seuls à l’origine de la flambée des prix. Aka Marcel, président des chambres froides du Haut-Sassandra, a condamné les dégradations survenues pendant la manifestation.
« Elles ont saccagé les chambres froides, tout ça pour une histoire de hausse des prix. Alors que cela ne dépend pas de nous. C’est un problème international », a-t-il déclaré, évoquant des facteurs extérieurs à la filière locale.
Cette divergence d’explications met en évidence la nécessité de déterminer les différents maillons responsables de l’évolution des prix, depuis l’approvisionnement jusqu’à la commercialisation.
Le préfet promet de faire la lumière
Après leur mouvement, les femmes se sont rendues à la préfecture de région, où elles ont été reçues par le préfet Yacouba Doumbia, en présence de l’adjoint au maire, Inza Sylla.
Privilégiant le dialogue, l’autorité préfectorale a appelé les manifestantes à l’apaisement. Il a instruit le directeur régional du Commerce, N’cho Beda Jean, d’examiner l’évolution des prix du poisson afin d’en identifier les causes.
Le préfet a également demandé aux femmes de suspendre leur mouvement jusqu’au lundi suivant, dans l’attente des premiers résultats des démarches engagées.
Au-delà du retour au calme, le véritable enjeu reste celui des réponses concrètes à apporter à la hausse des prix. Pour les commerçantes comme pour les consommateurs, l’efficacité des investigations et la capacité des acteurs de la filière à trouver un terrain d’entente seront déterminantes pour éviter une nouvelle escalade.
Lfl






