Au Mali, la crise énergétique n’a jamais été aussi vive. Depuis la mi-septembre, les attaques répétées contre les camions-citernes ont plongé le pays dans une pénurie de carburant paralysante, affectant transport, commerces et quotidien des citoyens. Dans ce contexte, la rencontre entre le président de la Transition, Assimi Goïta, et une délégation russe marque un tournant stratégique pour le pays.
Les discussions ont porté sur la livraison mensuelle de centaines de milliers de tonnes de produits pétroliers, une initiative qui pourrait soulager temporairement la population mais soulève aussi des questions sur la dépendance du Mali à l’égard de partenaires étrangers. Au même moment, le projet de raffinerie d’or, majoritairement détenue par l’État malien mais soutenue par des entreprises russes, avance selon le calendrier prévu, ouvrant la voie à une meilleure maîtrise des ressources minières nationales.
Ce partenariat russo-malien illustre la double nécessité pour Bamako : sécuriser ses approvisionnements essentiels et renforcer sa souveraineté économique dans un contexte de fragilité politique et d’insécurité persistante. Mais au-delà des chiffres et des contrats, c’est la vie quotidienne des Maliens qui est en jeu. Chaque litre de carburant disponible, chaque gramme d’or transformé sur le sol national représente une affirmation de la résilience et de la capacité du Mali à se relever malgré les crises.
Il est donc impératif que ces initiatives servent réellement le peuple et non uniquement des intérêts stratégiques extérieurs. Le Mali a besoin d’un développement durable, d’une sécurité énergétique et d’une économie forte qui profite à tous, et non d’un simple rattrapage temporaire orchestré par des partenariats ponctuels. La population doit rester vigilante, consciente que chaque décision prise à Bamako aura un impact direct sur son quotidien et sur l’avenir du pays.
Roland Y.








