Au lendemain d’un scrutin présidentiel marqué par une faible mobilisation des électeurs, le candidat du Congrès démocratique (CODE), Jean-Louis Billon, a surpris tout le monde. Là où certains opposants ont choisi le silence ou la contestation, lui a fait le pari du courage politique : reconnaître la victoire du président sortant Alassane Ouattara et appeler au rassemblement national.
Dans un paysage politique ivoirien souvent polarisé par la méfiance et les rancunes, ce geste a valeur de symbole. Billon ne s’illustre pas ici par un renoncement, mais par une volonté assumée de maturité démocratique. En saluant un scrutin « globalement apaisé » tout en soulignant les « irrégularités » et la « faible participation » observées, il tend un miroir lucide à la classe politique : la Côte d’Ivoire ne souffre pas tant du manque de votes que du manque de confiance.
« Vous avez osé le changement, et votre confiance m’honore et m’oblige », a déclaré celui qui, pour la première fois, briguait la magistrature suprême. Derrière cette phrase, c’est toute une génération politique qui cherche à se frayer un chemin entre le vieux duel des figures historiques et la soif de renouveau d’une jeunesse ivoirienne désabusée.
Son appel à l’union, à la responsabilité et à la reconstruction du lien civique tranche avec la cacophonie habituelle des lendemains électoraux. Là où d’autres attisent encore la division, Jean-Louis Billon esquisse une posture d’avenir : celle d’un acteur politique capable de féliciter sans se soumettre, de critiquer sans détruire, de tendre la main sans renier ses convictions.
En reconnaissant la victoire d’Alassane Ouattara, il envoie surtout un message fort à la nation : la démocratie ne se consolide pas dans la rue, mais dans la vérité du dialogue et la sincérité du débat. Dans un pays encore marqué par les blessures du passé, ce choix de responsabilité sonne comme une respiration, et peut-être, comme le début d’un nouvel apprentissage politique collectif.
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