Deux mois après l’annulation des élections de décembre 2025 par le Conseil constitutionnel, les électeurs de Toumodi et de Duala-Massala ont de nouveau voté ce 21 février 2026. La Commission électorale indépendante (CEI) a proclamé les résultats dans la soirée, saluant un scrutin « apaisé ». À l’issue de ces législatives partielles, le PDCI récupère le siège de Toumodi tandis qu’un candidat indépendant s’impose dans le Nord, face au RHDP.
Un scrutin de rattrapage très attendu
Le rendez-vous électoral de ce samedi intervenait après la décision du Conseil constitutionnel d’annuler les résultats des législatives du 27 décembre 2025 dans deux circonscriptions : Toumodi, au centre du pays, et Duala-Massala, dans le Nord.
Ces annulations avaient laissé vacants deux sièges à l’Assemblée nationale, nécessitant la reprise du vote. L’enjeu dépassait la simple régularisation administrative. Il s’agissait aussi d’un test politique pour les principales formations, à quelques mois d’échéances nationales majeures.
Dès la fermeture des bureaux de vote, la CEI a engagé le processus de centralisation et de compilation des résultats.
À Toumodi, le PDCI s’impose nettement
Dans la circonscription n°021 de Toumodi commune, le taux de participation s’est établi à 41,60 %. Une mobilisation modérée, mais suffisante pour départager clairement les candidats en lice.
Le candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Ali Ali Hervé, l’emporte avec 56,11 % des suffrages exprimés, soit 7 182 voix. Il devance la candidate du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Raymonde Goudou Coffi, qui recueille 42,37 % des voix.
L’indépendant Jules Seni Konan Nanglé ferme la marche avec 0,73 %.
Ce résultat conforte l’implantation du PDCI dans cette localité stratégique du centre du pays. Il marque également un revers symbolique pour le RHDP, qui espérait reprendre ce siège à l’issue de la reprise du scrutin.
Duel serré et surprise à Duala-Massala
Dans la circonscription n°204, regroupant Duala et Massala, la compétition a été plus disputée. Avec un taux de participation de 51,79 %, les électeurs se sont mobilisés davantage que dans le centre du pays.
Le suspense a duré jusqu’à la compilation finale des voix. C’est finalement Dosso Aboubacar Sidiki, candidat indépendant, qui décroche le siège avec 49,10 % des suffrages, soit 3 225 voix.
Il devance de justesse le candidat du RHDP, Dosso Mamadou, crédité de 47,50 %. Les autres indépendants en lice – Coulibaly Metoba, Soumahoro Moussa Oumar et Kone Nedion – obtiennent des scores marginaux.
Cette victoire d’un indépendant constitue l’un des faits saillants de ces législatives partielles. Elle illustre l’importance des dynamiques locales et du poids des personnalités dans certaines circonscriptions, parfois au détriment des grandes machines partisanes.
Une organisation saluée par la CEI
Lors de la proclamation officielle, la porte-parole de la CEI, Me Yapobi Ketty Niaba, a dressé un bilan positif de la journée électorale. Selon elle, le scrutin s’est déroulé « dans le calme et la sérénité » dans les deux zones concernées.
Aucun incident majeur n’a été signalé. Les opérations de vote, de dépouillement et de transmission des procès-verbaux se sont tenues conformément aux dispositions légales.
La rapidité de la proclamation des résultats met ainsi un terme définitif au processus électoral engagé après l’annulation de décembre.
Un impact politique mesuré
Avec ces résultats, le RHDP concède deux sièges supplémentaires à l’opposition et aux indépendants. Toutefois, l’impact sur l’équilibre global de l’Assemblée nationale demeure limité.
Le parti présidentiel conserve une majorité confortable, avec plus de 190 sièges sur les 255 que compte l’hémicycle. Sa capacité d’initiative législative n’est donc pas remise en cause.
Pour le PDCI, la victoire à Toumodi représente un gain politique significatif. Elle confirme l’ancrage territorial du parti doyen et sa capacité de mobilisation locale.
Quant à l’élection d’un indépendant à Duala-Massala, elle traduit une volonté d’une partie de l’électorat de privilégier des candidatures perçues comme proches des réalités locales.
Fin d’un cycle électoral
La proclamation des résultats par la CEI marque la clôture du contentieux électoral ouvert à la suite des législatives générales du 27 décembre 2025.
Les nouveaux élus rejoindront prochainement l’Assemblée nationale pour entamer leur mandat. Leur arrivée permettra de compléter la représentation parlementaire et de refermer un chapitre institutionnel resté en suspens.
Ces législatives partielles confirment, dans un climat apaisé, la capacité des institutions ivoiriennes à organiser des scrutins de rattrapage et à garantir la continuité démocratique.
Lfl









